Bebealien's world - Repère d'un cinéphage

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    • Blog parlant de cinéma et surtout de film de genre, de courts métrages, de jeux vidéo et de culture geek en général. J'y étale ma science, mon mauvais goût et mon amour immodéré pour les films pourris.



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    Etrian Odyssey – Le RPG Oldschool sur DS.

    Par bebealien le Aoû 28, 2008 | Dans News, Zeux vidéos | Réagir »

    Pendant mes vacances, j’ai emmené ma DS avec moi, histoire de meubler les moments de pluie. Et j’ai eu bien raison de le faire vu qu’on s’est pris un ouragan sur le coin de la tête. Du coup j’en ai profité pour tester un jeu qui m’a fait l’effet habituel de la bulle temporelle : on se dit qu’on joue cinq minutes et lorsqu’on relève la tête, deux heures se sont écoulées.

    Etrian Odyssey – Monstre / XP / Monstre / XP / Monstre…

    Dans le fabuleux monde des zeux vidéos, il y a des sites qui font référence. L’inénarrable magazine papier CanardPC, via son pendant web www.canardplus.com possède dans son forum un endroit dédié à l’échange d’infos sur les jeux consoles. Et c’est là que j’ai pris connaissance de ce petit jeu, qui n’était à l’époque pas encore sorti en France et qui arrivait à annihiler avec la même force qu’un World of Warcraft la vie sociale de mes camarades forumesques.

    La tête de la boite. On a fait mieux, mais ca présente bien l’ambiance forestière du jeu.

    N’ayant pas plus que ca de temps libre avec mon boulot, je me suis dit : go, déjà que t’as pas beaucoup de temps libre, tu en auras encore moins, ce qui te permettra de devenir définitivement un no-life. Petit coup de chance, les éditeurs ont décidé au finish de sortir le jeu en France. Mais de quoi s’agit-il donc alors ma bonne dame ?

    Et bien tout simplement d’un RPG d’exploration de donjon. Dans un monde dont on se fout totalement il faut explorer les trente niveaux d’un donjon, en montant une équipe de personnages. Ici on n’incarne pas un personnage mais plutôt le gérant de la guilde. A tout moment on peut changer la composition de son équipe pour mettre un personnage sur la touche et le remplacer par un autre d’une autre classe. On alterne donc les phases classiques : préparation en ville, exploration, combat, trésor, retour en ville.

    En haut, la zone d’exploration et de combat, en bas la carte dessinée avec amour avec son petit stylet.

    Sauf qu’Etrian Odyssey a quelques originalités. Tout d’abord c’est un jeu hardcore, vraiment pas facile pour le néophyte en RPG. L’équipe montée doit être équilibrée sinon c’est la mort assurée, les monstres tapent très fort, la survie est difficile. Mais du coup à chaque fois que l’on découvre un nouvel étage du donjon, c’est une petite victoire. Et d’ailleurs souvent le gameplay introduit de petits changements qui relancent l’intérêt.

    Deuxième point fort, l’équipe que vous montez est ultra-customisable. Vous pouvez faire ce que vous voulez. Monter une équipe de bourrin, une équipe orientée magie ou coup d’épée dans la tronche… et surtout vous pouvez customiser les skills que vous voulez employer. A vous de faire les bons choix car vous ne pourrez pas être bon partout…

    Parfois vous croiserez des PNJs dans le donjon. Ces deux là vous aideront bien…

    Troisième point fort la gestion de la carte. Etrian Odyssey renvoie directement à l’époque des Dongeon Master ou le geek devait dessiner lui-même ses cartes sur des feuilles à petit carreau, histoire de ne pas se perdre dans les couloirs. Ici c’est la même chose, on dessine la carte de chaque niveau au stylet, au fur et à mesure de son exploration. Sachant que le jeu contient plein de passages secrets, monstres cachés, trésors planqués… je ne vous raconte pas le bonheur… Ca pourrait sembler rébarbatif, et en fait c’est le truc de gameplay qui change tout.

    Enfin, last but not least, les FOEs. Les FOEs sont des ennemis beaucoup plus forts que la moyenne, qui se baladent sur la carte. Lorsque vous les rencontrez pour la première fois, se battre avec eux est synonyme de mort assurée. Il faut donc constamment ruser pour les éviter, comprendre leur schéma de déplacement, puis revenir leur casser les genoux après avoir fait subir quelques séances de levelling intensif à vos troupes. Les FOEs c’est de grands moments de stress, mais aussi un concept ultra sympa qui vient encore rajouter à l’esprit hardcore du jeu. Et en plus, lorsqu’on arrive enfin à en tuer un, on se sent bien. Ma nana me regarde toujours bizzarrement lorsque de temps en temps je me met à sauter partout en criant : « A y ééééé je l’é tué le vilain monstre pas beau » , ce à quoi j’ai en général comme réponse « Ouahhh t’es vraiment trop fort… bon maintenant tu la fermes et tu me laisse lire mon magazine féminin avec un test : aimez vous faire des tests »

    Un FOE tiré dans la version japonaise de Etrian Odyssey. Attention il peut ruiner votre équipe en deux ou trois rounds…

    Vous l’aurez compris, Etrian Odyssey cultive une fibre de jeu dur mais prenant qui ne s’était pas vue titillée depuis bien longtemps. Les majors de zeu vidéo essayant toutes de niveler par le bas en sortant des jeux torchables en quelques heures, pour une fois qu’un d’entre eux résiste bien et donne sa dose de frustration/récompense, autant ne pas se priver ! Pour info une suite d’Etrian Odyssey avec pas mal de petites nouveautés pratique est disponible en import.


    Scoopeo blogasty

    La Momie 3 – Ce qu’aurait du être Indiana Jones 4

    Par bebealien le Aoû 27, 2008 | Dans News, DVD | 1 réaction »

    La Momie, c’est l’exemple typique de film qui s’avale sans douleur et qui s’oublie à peine sorti de la salle. Du cinéma inoffensif en quelque sorte. Mais lorsque Spielberg se vautre lamentablement avec Indy 4, on se retrouve à propulser tous nos espoirs sur la Momie, seul film capable de proposer ce mélange d’aventure et d’ambiance pulp. Le personnage de Rick O’Connell étant moins charismatique que celui du héros au fouet, est-il capable néanmoins d’assurer ?

    La Momie 3 – La Momie fait du kung-fu

    Alex, le jeune fils du couple O’Connell vient de faire une grande découverte en Chine : il a retrouvé la trace de la tombe de l’empereur dragon, enfermé dans un cocon de terre cuite par un sortilège des années plus tôt. Des militaires chinois, désireux de retrouver la grandeur de la Chine d’antan, décident de réveiller l’empereur ainsi que son armée de terre cuite. Rick O’Connell se retrouve avec une nouvelle momie sur les bras, mais il pourra compter sur l’aide d’une mystérieuse sorcière.

    Dans la série phrase à la con, la punchline de l’affiche est un must : L’aventure d’un millier de vies… Celui qui comprend à la droit de me faire une explication de texte !

    La Momie, c’est une série de film moyens mais avec un charme indéniable. Même aujourd’hui, au détour d’une soirée mondaine parlant de géopolitique ou de la pêche à la sardine en basse-guinée, on peut tomber sur quelqu’un qui au détour d’une conversation lâche un « Imhotep…Imhotep… » On peut donc dire que le film a clairement marqué les esprits. Mais on lui a toujours préféré la série des Indiana Jones, plus fine dans l’écriture et qui a une classe indéniable. Mais Indy 4 a complètement changé la donne…

    La tête de la nouvelle momie, plutôt pas mal désignée…

    La Momie 3 c’est comme la Momie 1 et 2, mais avec du kung-fu. Je pense que cette équation simple définit bien le film. Mais c’est aussi un gigantesque fourre-tout dans lequel on va trouver pêle-mêle des Yétis, Shangri-La, un dragon, de la magie et bien sur des coups de tatanes dans la tronche. D’ailleurs sur ce registre, le film est clairement décevant. On était en droit d’attendre beaucoup plus d’un film avec Jet Li et Michelle Yeoh. Mais non, on a à peine le droit à une toute petite scène, peu intéressante de surcroît…

    Le couple O’Connell nouvelle version, avec Maria Bello

    En même temps, le film est réalisé par Rob Cohen, réalisateur de Fast and Furious et xXx. Le moins que l’on puisse dire c’est que le bonhomme n’est pas le chantre du bon goût et de la finesse. Mais même avec un réalisateur de seconde zone comme Cohen, La Momie 3 ne peut s’empêcher de dégager un certain quota de sympathie. Et paradoxalement, c’est lors des scènes d’exposition, présentant un couple O’Donnell s’ennuyant royalement dans sa demeure luxueuse que le film est le plus brillant. Alors certes, l’écriture n’est pas fine et les clichés abondent, mais Brendan Fraser et Maria Bello (qui remplace Raquel Welsch) font un joli abattage.

    Le dragon empereur (Jet Li) va tataner Rick O’Connell

    La seconde partie du film, enchaînant non-stop scène d’action sur scène d’action, avec des effets spéciaux parfois un peu limite (mais toujours mieux que ceux de l’affreuse poursuite auto d’Indy 4), est forcément un peu plus légère, et s’avale sans déplaisir mais sans réelle implication non plus. Sa force est d’avoir un rythme ultra soutenu, balançant une nouvelle idée toutes les cinq minutes, ce qui permet de cacher la misère.

    La Momie 3 reste avant tout un film popcorn qui ne cherche à aucun moment de se départir de son statut de film léger. Et finalement, en le sachant pertinemment, on passe un très agréable moment. Il n’empêche que dans le cadre d’un hypothétique Momie 4, si la production se cassait pour une fois un peu le crâne pour trouver un vrai scénariste et un vrai réalisateur, la série pourrait clairement devenir une référence…


    Scoopeo blogasty

    Babylon A.D. – Kassovitz décoit…

    Par bebealien le Aoû 26, 2008 | Dans News, Cinéma | Réagir »

    Il arrive parfois en lisant un bouquin qu’on se dise qu’il y a matière à faire un bon gros film. Babylon Babies de Maurice G. Dantec est de ceux-ci. L’ayant lu il y a une dizaine d’années, je me rappelle avoir particulièrement accroché à l’histoire. Alors quand Mathieu Kassovitz se lance dans l’adaptation ciné du bouquin et qu’il déclare partout que c’est le projet dont il a toujours rêvé, on s’attend à quelque chose d’au moins très bien. Perdu… Explication juste en-dessous.

    Babylon A.D. – Grand glabi boulga SF

    Le futur. Toopor, un mercenaire vivotant en Serbie, est contacté par la mafia russe afin de livrer une jeune femme étrange à New York, pour la remettre entre les mains d’une étrange secte. Mais en chemin Toopor va se rendre compte qu’Aurora, la jeune fille, a une valeur particulièrement inestimable…

    Une affiche qui fait penser à l’ambiance de Blade Runner…

    Ce film est une grosse déception. Et le foirage est tellement hallucinant qu’on peut franchement se demander si Mathieu Kassovitz ne se fout pas ouvertement de notre gueule. Et pourtant il y avait matière à faire quelque chose de couillu, de sympathique par la thématique traitée (finalement très proche de celle des Fils de L’Homme avec Clive Owen), avec de jolies réflexions sur la religion. Mais non.

    Michelle Yeoh, Mélanie Thierry et Vin Diesel… casting improbable…

    En lieu et place, Kassovitz nous sort un grand film malade. A commencer par l’image, particulièrement moche. On oscille sans cesse entre quelques plans superbes (l’arrivée d’un sous-marin sous la glace, une scène de panique dans une gare), et surtout beaucoup de très très moche (des incrustations pourries sur la banquise, un New York qui ressemble à des maisons playmobils avec des effets très mal incrustés…). De même les quelques scènes d’action sont tellement mal découpées qu’elles donnent mal à la tête (une scène qui devait être d’anthologie entre Le Banner et Vin Diesel et juste traitée n’importe comment).

    Un marché aux armes où Toorop fait ses courses. Une des rares jolies scènes (même si franchement peu utile)

    On peut également citer des choix douteux : les yamakasis qui font une apparition ridicule, un casting international vraiment étrange (Vin Diesel, Michelle Yeoh et Mélanie Thierry dans le même plan c’est space non ?), des seconds rôles qui cabotinent (Rampling, Wilson, Depardieu…), des passages ultra gnan gnan ou on devient super potes alors qu’on se faisait la tête jusqu’ici, des scènes d’action en scooter des neiges qu’on dirait tout droit sorties de xXx….

    Kassovitz a bataillé tout au long de son tournage pour mener à bien ce film. Il s’est brouillé avec Vincent Cassel d’abord pressenti pour le rôle de Toorop, puis avec Vin Diesel, puis avec les producteurs… et malheureusement le résultat se voit à l’écran. Le film est brouillon, dur à suivre, fait durer deux secondes des scènes importantes et accorde de longues plages pour certaines quasi inutiles… Mais par moment le film se permet quelques fulgurances où l’on aperçoit furtivement ce que Babylon A.D. aurait pu et du être.

    Un plan à l’image du film : une amorce d’histoire d’amour au détour d’un plan. Et puis non, plus rien.

    Et c’est finalement ces quelques fulgurances qui font encore plus rager. Pourquoi et comment Kassovitz a pu louper à ce point le coche ? Il avait un sujet en or, il le méprise. Alors certes ses détracteurs rappelleront que Gothika, sa première incursion à Hollywood, ne cassait déjà pas des briques, mais on était franchement en droit d’attendre mieux d’un faiseur d’image de sa trempe.

    Il a été question un certain temps d’une version longue de deux heures et demie. Il s’avère que c’était une blague de Kasso aux distributeurs pour les faire raler. C’est dommage on aurait pu espérer qu’un remontage et plus de matière auraient permis de comprendre ce ratage. Il n’en sera malheureusement rien. Amoureux de SF ou du travail du frenchy, je vous conseille de passer votre chemin et de retourner plutôt voir The Dark Knight…


    Scoopeo blogasty

    Braquage à l’anglaise – Mauvais titre mais vrai bon film

    Par bebealien le Aoû 25, 2008 | Dans News, Cinéma | 3 retours »

    A y est c’est la rentrée, et pour Bebealien’s World aussi. Au programme des nouveautés bah euh rien, parce que je suis une grosse feignasse et j’aime bien la manière de procéder que j’ai mis en place. Donc grosso modo cinq articles par semaine, du cinéma, des sorties DVDs, quelques avants premières, une pincée de jeux vidéos et de trucs à la con, et surtout beaucoup de mauvaise foi. Et on commence la rentrée par un bon film, mais avec un des plus mauvais titre trouvé par les traducteurs ces dernières années…

    Braquage à l’anglaise – Arnaque, crime et un gros casse

    Terry, un magouilleur propriétaire d’un garage miteux se voit proposé le casse du siècle par une ancienne connaissance avec qui il avait légèrement flirté. Il s’agit de vider les coffres d’une banque londonienne. Sauf que Terry n’est pas prévenu que ce casse est sensé faire écran à une opération beaucoup plus dangereuse consistant à récupérer des clichés volés à même de faire chanter la couronne britannique, et que certains coffres contiennent des objets que certains gangsters aimeraient bien garder secrets…

    Non mais franchement, quel titre de merde !

    Je l’ai dit plus haut, ce titre est vraiment naze. Je me demande d’ailleurs si le prochain film américain de casse s’appellera Braquage à l’américaine, le prochain ouzbèke : Braquage à l’ouzbèke… Non mais sérieusement, le traducteur à l’origine de ce titre pourri mérite une volée de bois vert. Je connais pas pire procédé pour tenter de faire fuir le spectateur potentiel de la salle.

    Ce film a une grosse particularité : il est « inspiré » de faits réels. En l’occurrence le cambriolage au talkie walkie de la Lloyds Bank de Londres en 1971. Les médias avaient reçu une D-notice (ordre du gouvernement) leur demandant d’arrêter de communiquer sur le sujet car il pouvait compromettre la sécurité de l’état. Même si le film romance un peu l’histoire il présente quelques faits intéressants.

    La fine équipe en train de creuser…

    On est très loin du film de casse de base, puisque ce n’est qu’un rouage d’une histoire beaucoup plus complexe mêlant MI-5, MI-6, un maître chanteur se prenant pour Malcom X, le roi local du porno, la tenancière d’une bordel haut de gamme, quelques lords anglais, des policiers corrompus et un membre de la famille royale. Et c’est ce qui donne toute la saveur à l’histoire puisqu’elle inscrit la petite histoire dans la grande, avec un « H » majuscule.

    Jason Statham et Saffron Burrows essaient de sauver leur peau…

    Il est du coup intéressant de suivre une bande de casseurs qui deviennent les victimes, pris entre un système étatique voulant étouffer toute information, quitte à faire un grand ménage, et des gangsters revanchards, peu content que l’on vole leurs petites affaires. Ca devient un jeu d’échec, un jeu de bluff, mais sans les retournements de situation alambiqués que l’on trouve d’habitude dans ce genre de films. En effet, même si ca reste une fiction, on sent la « réalité » des faits.

    Michael X(Peter de Jersey) : il détient un document à même de faire chanter la couronne, et lui accordant une certaine immunité. A sa gauche, un certain John Lennon…

    Dans le rôle du braqueur en chef, Jason Statham distribue pour une fois un peu moins de coups de tatane que d’habitude. Toujours aussi charismatique, il est la tête pensante qui va devoir essayer de la jouer suffisamment fine pour ne pas y laisser des plumes, ou pire y laisser sa peau. Ce mec a une vraie gueule, et certes s’il assure bien question film d’action, il mérite d’avoir un vrai rôle dramatique utilisant un peu plus son charisme naturel. Dans les seconds rôles remarquables et remarqués Saffron Burrows, invisible à l’écran depuis quelques années, fait un come-back sexy et super classe dans le rôle de l’allumeuse qui va brancher Statham sur le casse…

    Bref, malgré son titre naze, Braquage à l’anglaise, est un vrai bon film, intelligent, bien construite, sympa à suivre et qui change plus qu’agréablement des films de casses enchainant les twists foireux toutes les deux minutes. Comme il est sorti il y a deux semaines, je ne saurai que trop conseiller aux retardataires comme moi de se magner les fesses…


    Scoopeo blogasty

    Batman The Dark Knight – En deux mots : Sublime et Incontournable

    Par bebealien le Aoû 20, 2008 | Dans News, Cinéma | 4 retours »

    De retour de Cuba. Pas dormi depuis 36h. Et a peine arrivé, foncer s’abriter dans une salle obscure pour voir Batman. Crainte de s’endormir devant la durée du film. Et là, le choc, le film n’est pas bon, il est extraordinaire. Je sais que c’est la mode de mettre des superlatifs à toutes les sauces. Là je pèse mes mots. The Dark Knight est un film brillantissime, comme on en voit que trop rarement. Intense, intelligent, profond, une tuerie monumentale. Pas dormi depuis 36 heures, mais impossible de ne pas pondre ma critique là tout de suite…

    Batman The Dark Knight – Quand le héros doit s’interroger sur son statut

    Batman s’attelle, avec l’aide du lieutenant Gordon et d’un procureur à la dent dure nommé Harvey Dent, à démanteler les restes de l’organisation criminelle régnant à Gotham City. Par peur de voir leur fortune disparaître, les truands décident de faire appel à un tueur pour liquider leur némésis. Cet homme, c’est un truand étrange, un freak qui va peu à peu faire basculer Gotham dans la chaos : le Joker.

    Unes des splendides affiches du film

    Quand comme moi on regarde une énorme quantité de films tous les ans, il devient de plus en plus difficile d’être surpris, de se prendre une claque, de se dire qu’on assiste à un grand moment de cinéma. La règle veut également que peu de suites soient vraiment supérieures aux premiers opus. Et je ne parle même pas de la difficulté d’arriver à rajouter au métrage une réflexion poussée sur la société, sur ses limites et sur ce qu’on doit faire pour la préserver.

    Batman The Dark Knight, c’est tout ça, et bien plus encore. Et l’excellent résultat repose sur deux points principaux : un script riche mais intelligent, prenant le temps de construire et de faire évoluer son personnage, et également l’interprétation majestueuse et habitée de Heath Ledger. Dur d’ailleurs de ne pas être touché par le « In Loving Memory of our friend Heath Ledger » lors du générique de fin. Je ne reviendrai pas ici sur les circonstances de son décès. Ce qui en revanche est intéressant est de constater à quel point il habite son rôle et arrive à faire oublier en quelques plans l’interprétation de Jack Nicholson (qui il est vrai versait dans une veine plus pop).

    Le jour où on a perdu Heath Ledger, on a clairement perdu un acteur brillant. Son Joker restera clairement dans les annales

    Heath Ledger arrive avec succès à faire resurgir à la fois la folie, les envies et le chaos du personnage, avec une finesse de jeu époustouflante. Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises sur ce blog, de nombreuses rumeurs font état d’une nomination à titre posthume aux Oscars pour ce rôle. Lorsqu’on voit le résultat, il est aisé de comprendre pourquoi. Même les pourtant très bons Christian Bale en Batman, Michael Caine en Alfred, Gary Oldman en Gordon, Aaron Eckhart en Harvey Dent, Morgan Freeman en Lucius Fox ou Maggie Gyllenhall en Rachel Dawes paraissent ultra fadasses en comparaison.

    Dès que le personnage du Joker apparaît à l’écran, c’est comme s’il vampirisait tout l’espace libre, à l’instar de l’énergie qu’il déploie dans le script à repousser sans cesse les limites des personnages qu’il croise. J’avais fait un article sur le personnage de Batman et sur son alter ego maléfique avant de partir en vacances. Je croisais les doigts très forts pour que ces thématiques du double et des actions de Batman qui renforcent le Joker soient présentes. Il s’avère que c’est le centre même du film, son sujet principal.

    Un chevalier masqué qui va perdre beaucoup, et qui va comprendre par la manière forte le poids de ses actes…

    Car ce sont en effet les actions coup de poing de Batman contre la pègre qui va les pousser dans leurs derniers retranchements et leur faire sortir une arme incontrôlable de leur manche. On est très loin du discours habituellement très manichéen propre à l’univers des super héros. Dans The Dark Knight, Batman échoue, ses actions provoquent des réactions aux conséquences désastreuses, il est clairement le point à l’origine du déferlement de violence qui va émailler Gotham. Et en ce sens le principe de l’action/réaction, à savoir que « L’enfer est pavé de bonnes intentions », délivre un message fort et sans équivoque. La violence dont doit faire preuve le justicier pour capturer ses cibles ne risque-t-il pas d’amener une escalade de la violence ? Et où sont les limites de ce qui est acceptable dans son comportement ?

    Bruce Wayne (Christian Bale), en proie au doute

    Jamais dans les six Batman, Gotham n’aura parue si sombre, si perdue, avec un sentiment d’écrasement sur elle-même en raison du poids de ses pêchés passés. Tout le monde y est corrompu ou corruptible, intéressé en priorité par sa propre volonté de survivre, ramené à ses plus bas instincts. Ce film n’est pas seulement sombre, il est très pessimiste. Que faire pour combattre quelqu’un qui ne respecte pas les règles ? Doit on renoncer à son humanité pour pouvoir le stopper ? Doit-on par la même prendre le risque de perdre notre identité ? Nos actions ne risquent-elles pas d’avoir des conséquences encore pires ? C’est une vraie critique de la société américaine, qui donne un droit à l’auto-défense vie sa constitution, que Nolan s’évertue à construire.

    Harvey Dent (Aaron Eckhart), un procureur brillant, prêt à tout pour faire respecter la loi…

    D’ailleurs à propos de Nolan, il est difficile de nier le fait qu’il a fait des progrès en terme de mise en scène. Les scènes d’action de Batman Begins étaient illisibles, elles sont devenues parfaitement accessibles et ponctuent régulièrement le film en lui donnant un rythme soutenu mais se concentrant plus sur ses personnages que sur la volonté d’en mettre plein la figure du spectateur.

    Difficile également de ne pas parler de la musique de Hans Zimmer. D’habitude habitué à la musique bien pompière et militaire, il se lâche encore plus que dans le premier opus et rajoute encore une couche de poisse et de misère au film. Une vraie réussite que je vais sûrement essayer de me procurer rapidement.

    Le Joker, décidé à provoquer Batman pour une confrontation d’anthologie…

    Si l’on regarde les chiffres de Batman, il y a toutes les chances que vous l’ayez déjà vu au moment où vous lirez cet article. Si jamais ce n’est pas le cas, foncez ! J’ai volontairement évité de spoiler le film qui contient de nombreuses surprises et retournement plus ou moins inattendus. Une fois sorti de la salle, restent deux grosses frustrations : tout d’abord de se dire qu’Heath Ledger ne pourra jamais reprendre son rôle, la deuxième est qu’on aurai bien encore pris deux heures supplémentaires de Batman…


    Scoopeo blogasty
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