Saw 4 – Boucherie en attendant Saw 6 (haha humour)
Par bebealien le Mai 6, 2008 | Dans News, DVD | Réagir »
Puisque j’évoquais hier James Wan, à travers son film Dead Silence, j’ai une transition toute trouvée pour parler aujourd’hui de Saw 4, nouvel opus de la franchise et disponible en DVD. Au programme : des pièges tordus et gores, un jeu de piste, la vie de Jigsaw et des émules meurtriers. Oui madame, on n’est pas chez les bisounours ici.
Saw 4 – Il revient (encore) et il n’est (toujours) pas content
Jigsaw et sa disciple Amanda sont morts. Mais des producteurs hollywoodiens décident quand même de faire une suite. Lors de l’autopsie du tueur, le légiste trouve une cassette dans son estomac. Apparemment Jigsaw avait tout prévu, et le jeu ne fait que recommencer. Surtout qu’un agent du SWAT vient de se faire enlever pour suivre une série d’épreuves initiatiques, et que deux agents du FBI commencent clairement à penser qu’une troisième personne a participé aux meurtres…

Saw, c’est un peu comme les Vendredi 13 ou les Jason. On sent que les producteurs sont amoureux de leur concept qui leur permet de pondre des petits budgets bien gores et d’en vendre des caisses entières en DVD, afin d’assurer une jolie rentabilité. Après un premier opus très réussi, la franchise à connu des hauts et des bas. Le 2, par exemple, est franchement discutable car il n’y s’y passe quasiment rien d’intéressant. Le 3 remontait un peu la barre, permettant de croire à une jolie conclusion expliquant pas mal de choses sur la série, mais versait un peu trop dans le grand-guignolesque.

Heureusement, joie et bonheur, les producteurs aiment gagner de l’argent, surtout sans se creuser la tête. Jigsaw a beau être mort, on va le suivre pendant presque la moitié du film, afin de comprendre comment un homme normal est devenu un tueur sanguinaire et sadique. Le procédé est en général très mauvais et témoigne d’une certaine faculté des scénaristes à ne plus parvenir à trouver d’idées correctes. Je m’attendais donc à voir une purge sans nom, l’histoire de Saw étant suffisamment complexe comme cela, pour qu’il paraisse saugrenu d’y rajouter une nouvelle fois une couche de lecture supplémentaire.
Soit les scénaristes sont super forts, soit ils sont défoncés au crack, mais finalement le résultat est bien plus agréable que prévu. On suit donc en parallèle le parcours de l’agent Rigg, désigné par Jigsaw pour devenir un éventuel successeur. Au travers d’épreuves mettant en balance ses envies et sa morale, il se retrouve à devoir contrer ses pulsions pour sauver quelques vies. En parallèle, on suit une enquête qui se ressert petit à petit autour de la femme de Jigsaw, afin de justifier la piste d’une éventuelle troisième personne.

Petit tour de force, les nouvelles infos qui tombent arrivent à la fois à s’inscrire dans l’histoire, mais arrivent également à renforcer la mythologie du personnage, déjà pas mal chargée. Sauf que… sauf que Jigsaw devient presque gentil, et ca, c’est vraiment une trahison ! Voulant chercher à tout prix à justifier la monstruosité du personnage, les scénaristes finissent par lui ôter son aura mystérieuse, et c’est bien dommage.

Question pièges sadiques, pas de grosse surprise. A part peut être un petit, assez marrant, ou un homme dont les yeux ont été enlevés se retrouve accroché par une chaine à un autre à qui on a coupé la langue. Autant dire que les deux se sentant agressés, le tout va finir dans un bain de sang. On pourra quand même regretter que Bousman se contente une fois de plus d’illustrer un script via des recours un peu trop facile à des effets de style, au lieu d’instaurer de la tension. Bref, Saw 4 se laisse regarder, mais ne révolutionnera clairement pas le genre. Et je croise toujours les doigts pour que Saw 5, et surtout Saw 6, arrivent vraiment à remonter le niveau. Ha… si seulement un Rob Zombie avait la franchise entre les mains, il en ferai surement quelque chose de génial…
Dead Silence – Petite série B
Par bebealien le Mai 5, 2008 | Dans News, DVD | Réagir »
Après un week-end ensoleillé, même en restant sur Paris, dur de reprendre le train-train quotidien et les critiques de film. C’est pourquoi on va commencer la semaine doucement avec Dead Silence, tout juste dispo en DVD et passé relativement inaperçu lors de sa sortie en salle. Arès Saw et avant Death Sentence, le très doué James Wan fait un détour par la série B horrifique à base de fantômes et de marionnettes…
Dead Silence – Fantômes et ventriloquie
Un soir, un couple reçoit chez lui un mystérieux colis contenant une poupée de ventriloque. Alors que Jamie, le mari part chercher à manger, la femme se fait sauvagement attaquer et se fait arracher la langue. Se rappelant d’une légende venant de son village natal, Jamie décide d’y retourner pour comprendre ce crime. La légende parle d’une ancienne ventriloque capable de se réincarner via ses marionnettes…

James Wan est un surdoué. Agé d’à peine 31 ans aujourd’hui, il a déjà trois films au compteur, dont un déjà culte. Réalisateur très visuel, il décide de s’éloigner de la machine Saw (sur laquelle il reste producteur pour les suites) pour livrer un film un peu plus personnel et retrouver les sensations des vieux films d’épouvante. Comme à son habitude, il écrit et réalise le script et cherche une certaine idée de l’efficacité.
Si l’on regarde de plus près Saw ou Death Sentence, qu’il tournera après, Dead Silence fait un peu cas à part. On sent que Wan a cherché à réaliser un film fun, quitte à avoir un script moins carré. Il en profite surtout pour se livrer à quelques expérimentations visuelles assez bien senties. Mais du coup mon avis sur le film reste assez mitigé…

Le coup du fantôme revanchard, on a du voir çà des centaines de fois au cinéma. Les poupées meurtrières aussi. Même si Wan arrive à mixer les deux dans une approche un peu originale, on reste quand même en terrain connu. Du coup, même si le spectateur ne s’ennuie pas, il reste vraiment peu surpris. Dommage, car le script recèle un petit twist final assez sympa et grand-guignolesque, même s’il n’apporte pas grand chose.

Ce qui peut néanmoins faire la différence par rapport aux autres films de ce type que les Etats-Unis sortent à la pelle, c’est la mise en scène de Wan. Le film a beau avoir un budget très modeste, James se lâche et nous fait quelques plans vraiment splendides. Que ce soit une transition entre scènes vues dans l’œil du personnage principal, quelques plans aériens de toute beauté, quelques fulgurances de-ci de-delà, tout est fait pour cacher la misère du budget, et sur ce plan le film est clairement une réussite.

On pourra quand même se demander quel est le problème de Wan avec les poupées, que ce soit dans Saw ou Dead Silence, car dans les deux cas elles sont associées au mal, à une reproduction miniature de la frustration ou du sadisme des hommes… Il doit avoir été traumatisé dans son enfance…
Pour résumer, Dead Silence c’est du film de samedi soir entre potes, sorti de ca, à moins que vous soyez vraiment fan du genre, pas forcément beaucoup d’intérêt…
Iron Man – Décollage réussi
Par bebealien le Mai 1, 2008 | Dans News, Cinéma | Réagir »
Iron man est le dernier né des adaptations de comics Marvel au ciné. A part de très rares réussites, on a eu le droit à un grand nombre d’essais ratés : Punisher, Daredevil, les 4 Fantastiques… autant de bouses sans nom. Alors forcément lorsqu’on apprend l’adaptation d’un comics de plus, ça rigole dans les chaumières. Et là, au risque de tuer le suspens, surprise : Iron Man, c’est bien. Pas top, mais bien.
Iron Man – The man behind the mask.
Tony Stark est un génie et un magnat de la conception d’armes de guerre. En Afghanistan où il vient de faire un démonstration de son tout nouveau prototype, son convoi sa fait attaquer. Dans la confusion, un obus explose à côté de Tony qui reçoit un éclat de schrapnel se logeant près de son cœur. Ses attaquants décident de le sauver et de le séquestrer pour qu’il leur construise une nouvelle arme. Sauf que Tony va décider de créer une arme lui permettant surtout de s’évader : une armure inviolable…

Le personnage de Tony Stark doit être un des plus sombre de l’univers Marvel. Sous la couverture du playboy milliardaire se cache un être à la limite de la schizophrénie, ravagé par l’alcool et totalement perdu. Sans pousser le trait aussi loin que dans le comic, l’ambivalence du personnage est respectée dans le film, à mon plus grand étonnement. On a donc le droit à un nouveau héros en demi-teinte, obligé de combattre les armes qu’il a lui-même produites. Ca change du fadasse Spiderman.
Autre bonne surprise : le casting. Robert Downey Junior dans le rôle de Stark s’impose comme une évidence. Depuis que Robert a arrêté la drogue, il prouve qu’il est définitivement un grand acteur, y compris pour les rôles orientés grand public. Très bon casting de seconds rôles également. A commencer par Gwyneth Paltrow, étrangement en retrait mais parfaite dans le rôle de l’assistante dévouée, de Terrence Howard dans celui de Jim Rhodes, ami militaire de Stark… et surtout de Jeff Bridges dans celui d’Obadiah Stane alter-égo et mentor de Tony. Ce n’est pas dur : j’aime beaucoup Jeff Bridges, mais ça faisait très longtemps que je ne l’avais pas vu dans un rôle où il est à ce point génial. Très bon casting donc.

Autre point très sympathique, le film fait de nombreux clins d’œil aux fans du comic. On voit donc une apparition d’hommes du SHIELD, les différentes versions de l’armure de Stark, et même un gros clin d’œil laissant suggérer que Warmachine, l’autre armure d’Iron Man, mais pilotée par Jim Rhodes sera de la partie dans la suite. Bref le fan que je suis, en est sorti flatté et content. Sans oublier bien entendu la traditionnelle apparition de Stan Lee au détour d’un plan, ici dans le rôle d’un Hugh Heffner entouré de jolies filles.

Scénario plutôt sympa également. La montée en puissance du personnage et la création de l’armure sont franchement réussies. On s’éclate à voir Tony essayer, se planter, rencontrer des problèmes de conception… Malheureusement l’ambiance redescend un peu trop dans la deuxième partie, où il va se confronter à un ennemi. La faute à un personnage de vilain un peu trop sacrifié. Autant Iron Man est clairement élevé à un statut iconique, autant son ennemi n’a pas assez d’espace pour prendre de l’importance et se révéler comme le super vilain qu’on pourrait attendre.

On sent que Jon Favreau dont c’est seulement le quatrième film comme réalisateur en a encore sous le pied. C’est à croire que vu les ratages des dernières adaptations de super héros au cinéma (au secours Spiderman 3, ratage total), il a décidé de ne pas prendre trop de risque et de livrer un film « juste » bon. On aurait aimé une fin un peu plus épique, un côté sombre de Tony un peu plus fouillé, une deuxième partie du métrage de la même qualité que la première…
En l’état Iron Man est un bon vol d’essai pour lancer une nouvelle franchise. A ce titre, le film est plutôt réussi, mais on va attendre la suite avec impatience. Le personnage a beaucoup de potentiel et Robert Downey est capable de l’interpréter à merveille si on lui donne suffisamment de matière. Reste à savoir si les producteurs vont être capable de donner le feu vert à une suite qu’on espère aussi dark que le prochain Batman : The Dark Knight….
Wii Fit - L’art d’avoir l’air crétin tout seul dans son salon
Par bebealien le Avr 30, 2008 | Dans News, Zeux vidéos | 2 retours »
Parfois, pour un geek, je me fais peur. J’ai ainsi une certaine propension à l’achat compulsif dès qu’il s’agit de technologie ou de cinéma. N’ayant plus l’occasion de pratiquer autant le sport que je voudrai vu mon emploi du temps de ministre surchargé, je me suis dit que faire du sport dans mon salon pouvait être une bonne idée. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé samedi après-midi, sans trop savoir pourquoi, déchargé de 70€ et alourdi de quelques kilos de Wii Balance Board (quel nom à rallonge… z’auraient pas pu l’appeler autrement, avec un nom djeunz, hype et avec plein de ‘i’ ou de ‘o’, genre Balanciiiii, WiiGrooooos…). L’achat compulsif chez les geek existe donc ! Reste à savoir si c’était une bonne idée.
Wii fit – Parce que je le vaux bien
Comme tout jeune cadre dynamique bien dans sa tête et dans ses cheveux, j’essaie de garder un semblant de ligne. Et c’est pas facile, mon boulot m’obligeant à enchainer restos et beuveries sans nom (ooohhh pauvre moi, trop pas de chance d’aller se faire toujours des super restos ! Je le vois bien, vous compatissez !). Ayant de plus une sainte horreur d’aller courir comme une andouille car je trouve ca à peu près aussi chiant que de faire de la musculation juste pour faire de la musculation, ou que de se taper l’intégrale de Derrick doublé en ouzbek, Wii Fit me paraissait à priori un bon compromis entre ma geekitude profonde et mon besoin d’afficher mon torse bronzé et musclé de jeune éphèbe à une meute de jeunes filles en fleur cet été.

Premier constat, le jeu est un peu cher. 70 € pour un jeu plus un contrôleur ce n’est pas donné. Mais en même temps, alors que je m’attendais à une balance/manette en plastique à deux balles, fragile et peu précise, j’ai plutôt été très agréablement surpris. L’engin semble robuste et de bonne facture. Et encore plus étonnant elle est très précise.
Mais quel type d’exercice propose donc la fameuse bête ? Ils sont regroupés en quatre catégories. Du yoga (apprend toi aussi à faire l’arbre, avec une jambe en l’air au milieu de ton salon), de l’aérobic (exercices pour bruler des calories : step/hoola hoop… étrangement fatiguant ou efficace… ou alors j’ai une endurance de crevette), de la gym (pour le renforcement musculaire, abdos, pompes, décapsulage de canettes de kro), et enfin quelques exercices d’équilibre dont le but est de jouer sur la position de son centre de gravité.

La cible du produit étant plutôt grand public, et à priori féminine, les menus sont plutôt très bien foutus, avec une façon de faire qui rappelle pas mal le Docteur Kawashima sur DS. On se crée un profil, on passe un test journalier (calcul du poids plus petits exercices), on tamponne un calendrier et on débloque progressivement des exercices ou des niveaux de difficulté supplémentaire. C’est simple, intuitif et de bon goût. On va même jusqu’à pouvoir choisir un coach homme ou femme afin de décider de qui vous allez pouvoir regarder les fesses virtuelles pendant les démos.
Chaque exercice est clairement expliqué, afin d’éviter de se faire mal ou de mal se positionner. Le jeu n’hésite pas d’ailleurs à vous indiquer s’il pense qu’à un moment vous allez trop vite ou que vous avez une mauvaise posture. Je le redis encore une fois, le contrôleur est à ce sujet hallucinant. Précis, efficace, ultra sensible, permettant de vous prodiguer efficacement des conseils. J’ai été vraiment très agréablement surpris par l’acuité des remarques (vous allez un peu trop vite, vous avez le corps un peu trop en arrière tenez vous plus droit, vous penchez un peu trop sur le côté, vous êtes un raté il fait beau dehors et vous faites du Wii Fit…)

Maintenant, parlons efficacité, est-ce que ca marche ? Je vais commencer par répondre clairement : je n’en sais rien. Il y a plusieurs choses à prendre en compte. Wii Fit n’est en rien une méthode magique pour prendre 10 kilos de muscles et perdre son gras. Comme toute activité sportive, même de salon, ca demande de la rigueur et de la régularité. Il faut aussi privilégier des plages d’au moins une demi-heure, pour en tirer un bénéfice.
Je me suis d’ors et déjà fait plusieurs sessions longues et le constat est plutôt positif. Les exercices m’ont fait redécouvrir des muscles oubliés (tiens ca fait mal là quand je fais ce mouvement !), m’ont fatigué juste comme il faut pour l’aérobic (d’ailleurs j’adore le hoola hoop, honte sur moi, on se met à gesticuler comme un crétin dans le vide, mais c’est super bien), et je me suis réveillé les lendemains avec la sensation de courbature qui indique que les muscles ont bien travaillé.

Concernant l’efficacité sur le long terme, je pense (mais je m’avance) qu’elle devrait être là. Les exercices sont efficaces, la progression facile à doser, et surtout la précision de la Balance Board permet à coup sûr d’éviter un mauvais positionnement du corps et donc de mal travailler. Quelques zaméricains ont fait le test d’une demi-heure de Wii Fit journalier sans changer leur alimentation pendant quelques semaines, et les conclusions sont à chaque fois probantes.
Mais où va-t-on si les geeks commencent à faire du sport et à être tout musclés ? Le monde va trembler, mouhahahahaha ! Pour résumer d’un mot Wii Fit, je dirai donc : y’à bon. Oui ca fait trois mots, mais je ne sais pas compter. Et puis c’est bien grâce à Nintendo je deviens intelligent (Kawashima) et beau (Wii fit). A quand Wii Gagne Au Loto et Wii Couche avec Scarlett Johansson ?
Nomad – Le Kazakhstan fait son cinéma
Par bebealien le Avr 29, 2008 | Dans News, DVD | Réagir »
Jusqu’à peu, le cinéma Kazakh n’était présent chez nous autres occidentaux que sous la forme de Borat et de ses réflexions sur l’Amérique… Bref pas vraiment du ciné kazakh… Ayant vu passer sur ses terres des personnages illustre comme Gengis Khan, et ayant une culture inspirée par la rencontre de plusieurs courants religieux et par un mix entre cultures slaves, asiatique, arabe et européenne, le pays a pourtant de belles histoires à raconter. Nomad est l’une d’entre elle.
Nomad – L’anti Borat
Kazakhstan, 18ème siècle. Le pays est parcouru par différentes tribus nomades éparses, se faisant la guerre. Une prophétie parle d’un jeune enfant descendant de Gengis Khan capable de réunir les différentes tribus et de bouter les envahisseurs. Un guerrier mystique va repérer l’enfant en question, l’entraîner comme un guerrier et l’amener à suivre son destin et devenir un héros.

A la vision de Borat, et par peur de l’image terne que le film peut donner de son pays (ils n’ont vraiment pas de second degré ces kazakhs… mais bon ce n’est pas le sujet), Noursoultan Nazarbaïev, président du pays, décide de produire un film mettant en scène le glorieux passé guerrier du pays. Pour arriver à ses fins, il fait appel à un réalisateur russe chevronné (Serguei Bodrov, qui a depuis réalisé Mongol, sortant il y a très peu de temps et s’intéressant à Gengis Khan) et à un casting hétéroclite d’acteurs locaux et de têtes connues (Jay ‘Hostel’ Hernandez, Jason Scott Lee qui n’avait rien tourné de bien depuis longtemps et Mark Dacascos).

Le film se veut à la fois à destination du public local, mais aussi à vocation internationale afin de donner une belle image du Kazakhstan. On a donc le droit à des paysages sublimes, a une étude un peu simple mais passionnante du mode de vie et des coutumes locales…et malheureusement à une histoire un peu trop hollywoodienne.
Le film est en effet particulièrement intéressant dans sa description d’une société à la fois totalement différente de la notre, et en même temps étonnement moche par sa modernité intellectuelle et par son brassage culturel. En filmant en décor naturel, on arrive d’autant plus à comprendre la fierté de ce peuple, son mode de vie et ses valeurs. Contrat donc réussi pour l’aspect social du film, ce que je ne pensais pas de prime abord.

Par contre sur le versant plus épique de l’histoire, on se contente du strict minimum. Triangle amoureux avec deux frères guerriers et une belle kazakhe qui finira dans le sang, méchants vraiment très méchants, scènes de siège bien trop lisse (surtout après Gladiator ou Kingdom of Heaven), personnages trop stéréotypés…. On sent la volonté de bien faire, mais on sent aussi une certaine retenue. Même si la légende de l’unification du pays est finalement peu originale, on aurait souhaité avoir une dimension proprement épique. Mais non, le film se contente de briller dans les scènes intimistes, devenant limite soporifique lors des scènes guerrières. Un comble !

Le casting donne également un sentiment étrange. Si physiquement Jason Scott Lee et Mark Dacascos peuvent passer pour des Kazakh et assurent (surtout le premier qu’on revoit enfin avec plaisir à l’écran !) des prestations correctes, on ne comprend pas trop ce qu’ils sont venus faire là. Et je ne parle même pas de Jay Hernandez qui arrive à être limite transparent alors que je l’avais trouvé plutôt convaincant dans Hostel.
Que reste-il alors de Nomad ? De belles images, la présentation très intéressante d’une culture différente, et une grosse couche de gras franchement passable. A voir en DVD pour le dépaysement plus que pour l’histoire elle-même. Dommage le film ultime sur le sujet reste encore à faire…


