A Serious Man – Un film des Coen dur à appréhender sans être juif
Par bebealien le Jan 29, 2010 | Dans News, Cinéma | 9 retours »
Tous les réalisateurs finissent un jour ou l’autre par livrer des films plus personnels. Après le carton de No Country for Old Men et le joli succès de Burn After Reading, Joel et Ethan Coen livrent une farce juive remplie d’humour surfant sur leur culture, mais fort difficile à comprendre et apprécier. Alors je suis un peu embêté. Le film a des thématiques intéressantes, mais vu que certaines scènes ne sont pas sous-titrée, qu’un appel permanent est fait au folklore et aux rites judaïques… j’ai l’impression de ne pas avoir compris grand-chose et de m’être quand même ennuyé…
A Serious Man – Un film trop personnel pour moi
Fin des années 60. Larry est un prof de physique dans une petite ville. Tout le monde semble s’acharner contre lui, entre un étudiant qui tente de le corrompre et le menace de poursuites judiciaires, sa femme qui le quitte pour un vieux insupportable, son fils indiscipliné, sa fille qui lui vole de l’argent et son frère qui glande sur le canapé sans chercher à se trouver un appartement. Commençant à perdre pied, Larry va prendre conseil auprès de rabbins pour essayer de donner un sens à sa vie et pour commencer à la reprendre en main.

Suite:
Pour une fois, on ne peut clairement pas dire que les Coen cherchent à faire un film accessible. A commencer par l’ introduction, mettant en scène un dibbouk. Personnage incompréhensible pour moi, et il a fallut que j’aille faire un tour sur wikipedia ce matin pour comprendre ce que c’était. Et même en ayant l’information, j’ai un peu de mal à comprendre le lien entre cette intro et la suite du film. Suite du film qui reste d’ailleurs relativement obscure pour qui ne partage pas leur confession… ce qui finit par lasser le spectateur, l’obligeant à se concentrer uniquement sur le personnage principal.

Alors certes, on retrouve comme d’habitude un excellent casting d’inconnus et quelques situations loufoques, Larry en homme trop gentil finissant par s’enfoncer inexorablement. Mais ca fait peu, trop peu, pour tenir un film d’1h45 sans avoir clairement envie de bailler. Et pourtant, vu le cinoche habituel des frangins, on ne peut pas dire que je n’ai pas tenté de m’accrocher jusqu’au bout. Mais voilà, dès que l’intrigue commence un poil à bouger, on retombe dans les travers cités plus haut et le soufflé retombe.

Alors peut être ne suis-je pas le public cible pour un tel film. Ou alors peut être est-il juste mauvais. Ce qui m’embête, c’est que pour une fois je n’ai pas les armes nécessaires pour pouvoir le juger. Donc je propose de me concentrer uniquement sur mon ressenti avec les connaissances que je possède. En l’état, pour moi c’est un film raté qui risque de faire dormir le spectateur. Si casting et situations restent drolatiques, l’histoire avance peu et on finit vite par se lasser de cette succession de scénettes qui font faire du sur place à l’intrigue.

En fait ce qui me gêne le plus, c’est que j’ai eu l’impression d’assister un film qui m’était fermé et qui ne faisait absolument aucun effort pour m’être accessible. Alors certes, les scènes prises individuellement restent pour beaucoup compréhensibles. Mais mises bout à bout je reste franchement dubitatif. En fait, ce qui me gène le plus, c’est que A Serious Man, de par son côté élitiste contredit un des principes qui m’est le plus cher : un bon film se doit avant tout d’être accessible et compréhensible, même s’il peut proposer plusieurs niveaux de lecture ou de compréhension. Bref, non juifs passez votre chemin.
9 commentaires
Tu reproche au film ce qui fait toute sa saveur: l'incertitude.
Pas a un moment, tu ne peut avoir une certitude sur un évènement donné. Même dans le double accident: qui est mort? L'histoire reste centrée sur le prof, et alors? Son rêve (ou il se fait enterrer par sy Ableman), est assez évocateur.
La fable du début n'est qu'un résumé du film: le dibbouk était-il un dibbouk ou pas? Mystère (comme le dit le coréen: "accept the mystery").
Le truc le plus génial étant le culot des reals, qui stoppent le film comme ça, laissant le spectateur face à lui même.
L'idée est la: tu observe quelque chose de finalement banal (un pan de vie, ou plutôt un concentré de badness pour le pauvre prof): qui n'a pas de vrai début et pas de vrai fin. C'est tout simplement la vie, ou les hommes renvoient tout leurs malheurs à un Dieu inexistant. Malheurs qui sont transgénérationnels.
Il n'y a pas besoin d'être juif: remplace "rabbin" par "prêtre", et dibbouk par "démon", et tu aura la version catholique.
Néanmoins, malgré tes reproches, je ne peux que foncer aller le voir, j'aime trop les frères Coen pour le rater (même si je ne suis pas juif non plus ('^^)).
Cela n'empêche pas les frères de prouver pour la X-ième fois qu'ils sont des réalisateurs très au-dessus de la moyenne. Le moindre plan est magnifique, malgré le fait que, pour une fois dans un film américain, on a l'impression de voir des vrais gens, et pas un défilé de mannequins.
Et puis leur humour reste excellent quand il est accessible.
pour rendre ce commentaire utile, je tenais à signaler qu'une erreur c'est glissé dans le titre de l'article car je pense qu'on parle bien d'UN film ;)
Par contre, j'ai vraiment détesté le gamin. Autant comme acteur que comme personnage.
My 2 cents. :)
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