Chrysalis – Un premier film français à gros budget, mais froid et désincarné
Par bebealien le Fév 7, 2012 | Dans News, Cinéma | 1 réaction »
Tous les wanabees réalisateurs comme moi aimeraient un jour se retrouver dans la position de Julien Leclercq pour son premier film. Chrysalis a en effet bénéficié d’un gros budget, d’un peu moins de 9 millions d’euros. Une situation confortable qui lui a permis d’être ambitieux visuellement… mais malheureusement pour livrer un film tellement froid qu’il interdit au spectateur d’avoir de l’empathie pour ses personnages. Un défaut en partie corrigé avec son film suivant, L’assaut, critique il y a quelques temps ici même. Et puis je n’aime pas les filtres bleus.
Chrysalis – Une tentative de SF française
Hoffman, un policier dont la femme a été tuée sous ses yeux par un trafiquant d’arme russe se lance sur la traque de l’assassin de sa femme. Epaulé par une équipière chargée de le canaliser, il va remonter une piste l’amenant jusqu’à une étrange clinique où un éminent professeur semble faire de expériences hors norme avec la mémoire, grâce à une étrange machine nommée Chrysalis. La machine en question sert également pour soigner la fille d’un professeur de la clinique totalement déphasée depuis un accident de voiture. Hoffman et la jeune fille vont voir leur route se croiser, tôt ou tard…

Suite:
Chrysalis est un cas intéressant. Très intéressant même. Je dirai même qu’il est symptomatique d’une génération dont j’espère faire partie, en bien et en mal. Une génération issue de l’ère MTV, ayant l’habitude des belles images ultra léchées, et ayant tendance à parfois oublier qu’un bon film c’est avant tout une bonne histoire. Car en effet, il est rare de voir une mise en scène aussi carrée et perfectionniste pour un premier film. Certains plans sont même bluffants. Mais le tout est servi par une esthétique froide, digne d’une publicité corporate pour je ne sais quel produit.

Deuxième écueil, beaucoup plus embêtant, Chrysalis a parfois des airs de Minory Report du pauvre : même ambiance bleutée, même technologie froide, même vision du futur plutôt contemporaine se contentant d’ajouter de petites touches de technologies plutôt bien pensées. Mais voilà, Minority Report était basé sur une nouvelle de Philippe K. Dick, Chrysalis souffre de son script vraiment mal foutu. Le personnage de Mélanie Thierry est peu intéressant et ce qu’on apprend à la fin à son sujet est super prévisible.

Mais surtout, le problème est qu’Albert Dupontel dont on sait bien depuis qu’il est clairement taillé pour être une action star, semble tellement absent pendant le film, trop en retrait, qu’on a du mal à adhérer. Et enfin, Alain Figlarz campe un très mauvais méchant. Autant il est parfait dans Braquo et l’arrête de son rôle a flingué la série, autant il livre ici une prestation aux antipodes : caricaturale, à la limite du ridicule, et plus embarrassante qu’autre chose. Et malheureusement, les bastons qu’il livre, si elles sont impressionnantes par l’engagement de Dupontel pour être crédible dedans… sont franchement chiantes à regarder.

Bref, Chrysalis donne l’impression d’avoir été mal dégrossi. Si on voit le perfectionnisme visuel dont à voulu faire preuve Julien Leclercq, il a oublié au passage de créer de l’empathie, de donner envie de s’intéresser à ses personnages. Outre Figlarz, Lephébure est à côté de la plaque, Guillard ridicule… et le pire est sans doute les dialogues qui sont vraiment mais alors vraiment mauvais. Bref, c’est raté. Et c’est bien dommage, car on aimerait voir plus souvent des tentatives de SF en France. Heureusement Leclercq a plutôt bien répondu, mais pas sûr qu’on puisse voir une nouvel essai de SF rapidement…
1 commentaire
Je l'ai vu il y a qques temps un peu par hasard, j'hallucine que ça soit un 1er film !
Effectivement, côté réal, c'est bluffant! (en tout cas, l'amateur que je suis n'a rien vu).
Par contre, également d'accord pour le Minority du pauvre : ce film est nul.
(Désolé, mais c'est la vérité...)
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