Contagion – Soderbergh et les virus
Par bebealien le Jan 17, 2012 | Dans News, DVD | 3 retours »
Soderbergh devient vraiment de plus en plus un stakhanoviste du cinéma. A chaque nouveau film il tente un nouveau style de film. Après le film de braquage, l’expérimental, le cinéma vérité et plein d’autres trucs, et en attendant Haywire qui est un film de cassage de bras, il décide de s’atteler à un film sur une contamination virale, avec sa méthode habituelle : gros casting, image pas très jolie et tentative d’avoir un style pseudo documentaire semi dépressif. Résultat : un pétard mouillé, une fois de plus. Bref Soderbergh se suit et se ressemble même quand il essaie d’être différent.
Contagion - La petite bebete qui tue…
Une étrange pandémie commence à frapper soudainement de nombreuses personnes tout autour du globe. Alors que l’OMS semble incapable de l’endiguer, une galerie de personnage tente de survivre ou d’enquêter. Un père de famille dont la femme est une des premières victimes, un blogeur partant en croisade contre les laboratoires pharmaceutiques, une femme de l’OMS se livre à des recherches dangereuses, pendant qu’un autre se fait enlever. Petit pannel de situations qui pourraient se produire dans le cas d’une contamination à l’échelle mondiale…

Suite:
Je n’ai jamais été un grand fan de Soderbergh, comme mon intro à du vous le faire vite comprendre. En fait la seule chose que j’aime vraiment chez lui, c’est sa capacité à pondre des films avec une régularité métronomique tout en réunissant quasiment à chaque fois un gros casting. Une sorte de cinéma indépendant de luxe qui ne peut forcément que faire fantasmer un petit type comme moi qui tente encore de se prendre pour un futur réalisateur. Car sorti de ce point, je trouve que son cinéma est plutôt chiant, prétentieux et un peu vain.

Niveau casting, c’est donc encore une fois du lourd : Matt Damon, Laurence Fishburne, Marion Cotillard, Jude Law, Kate Winslet, Gwyneth Paltrow, Bryan Cranston… tous dans des petits rôles de personnages qui ne se croisent même pas pour la plupart. L’idée est de montrer à la foi les citoyens qui essaient de survivre, la recherche du patient zéro, les personnes miraculeusement immunisées et la réaction de l’état dans une telle situation alors que les labos se livrent un guerre pour être les premiers à sortir le médicament qui arrêterai l’épidémie. L’idée est intéressante mais le résultat ne l’est pas.

Et ce pour une raison toute simple : à part peut-être le personnage de Kate Winslet, aucun n’arrive vraiment à déclencher d’empathie chez le spectateur, tous étant bien trop peu fouillés et relativement unidimensionnels. On se retrouve avec les courageux citoyens d’un côté et les incapables du gouvernement de l’autres, avec quelques rares contrexemples pour bien faire comprendre que non, tout n’est pas si manichéen. Et puis il y a les rôles totalement inutiles, comme celui de Marion Cotillard, pour qui je ne suis toujours pas sur d’avoir compris à quoi son personnage servait vraiment.

Bref, une fois de plus Contagion est un film un peu vide, qui frime avec son gros cast mais ne raconte pas grand-chose d’intéressant. Alors que dans la même catégorie, je vous conseillerai plutôt Alerte ! avec Dustin Hoffman, qui même s’il a une fin plutôt caricaturale avec un remède miracle qui guéri la peste, a un vrai suspens bien foutu et marche franchement bien. Autant dire que Haywire et ses bastons risquent de me faire le même effet : ça risque d’être un peu mal filmé et le gros cast risque d’être là pour montrer que Steven a des potes au lieu de raconter une vraie bonne histoire…
3 commentaires
Par contre le gros plus de ce film est la non exagération des faits et en particulier de cette contamination. Scientifiquement plutôt correcte, le film pointe bien du doigt les difficultés rencontrées par les gouvernements et l'OMS dans une telle situation. La critique des grand labo pharma est également bien traité je trouve. Là aussi sans exagérations ou stéréotypes. Bref, une fiction bien proche d'une réalité déjà connue...
Mais bebealien, en lisant cette critique, j'ai l'impression que tu es un peu passé à côté du pitch (pour le coup du blogger anti-labo pharmaceutique, alors que euh, bon, il roule pour de l'homéo ; et pour la guéguerre entre labos, qui n'existe pas, dans le film : en fait, on voit surtout une compétition entre labos public P3 et P4, sur fond d'über-informatique et de microscopes photoniques tellement balèze que tu observe avec directement une boite de petri avec, en portant une visière, et en te tenant à 20cm de l'oculaire).
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