Contrebande – Pas très bandant
Par bebealien le Jun 13, 2012 | Dans News, Cinéma | 2 retours »
Je parle régulièrement de la crise créative qui semble traverser Hollywood… depuis la grève des scénaristes il y a quelques années. Contrebande est le parfait exemple de cette crise. Un beau casting qui s’agite sans trop y croire dans une histoire banale, jouant la carte de la fausse originalité en parlant de contrebande. Ce n’est pas pour rien qu’ils pompent du sang neuf en Europe et en Asie. Et ça semble loin d’être fini. En même temps, comment dire non à un beau paquet de dollars et des têtes d’affiche pour monter un projet, même si au passage on doit en perdre le contrôle ? Car, en temps que wanna be réalisateur, je vous le confirme : rien n’est plus chiant que de devoir attendre de pouvoir tourner de nouveau…
Contrebande – Mou du genou
Chris s’est rangé, après des années à faire de la contrebande. Il gère maintenant une petite entreprise de sécurité. Mais lorsque son beau-frère se retrouve avec des voyous aux basques pour avoir paumé un colis d’héroïne, Chris sort de sa réserve. Pour l’empêcher de se faire tuer, il doit se fournir rapidement une grosse somme d’argent. Et pour cela il va faire ce qu’il connait le mieux : de la contrebande en faisant passer plusieurs dizaines de millions de faux dollars. Mais avec un capitaine de bateau qui lui en veut et des voyous locaux bien gratinés, la tâche ne va pas être simple.

Suite:
Ce qui est chiant ou amusant avec ce script, c’est qu’il donne l’impression d’un vieux monsieur, venant un soir avec un grand grimoire et qui, d’une voix sinistre et posée vous dit « mon petit, je vais te raconter la fabuleuse histoire de la contrebande… ». Bref, le film tente de faire croire que le sujet est super original, alors que finalement il ne parle que de mecs qui passent des trucs d’un point A à un point B, thème ultra éculé. Alors forcément, en traitant le sujet avec un axe semi sérieux qui fronce les sourcils pour montrer que ça rigole pas… tout en enchaînant les péripéties à la con… et bien on s’ennuie.

Comme c’est un peu la mode, le film rassemble quand même un beau casting : Mark Wahlberg (qui comme d’habitude est bon un film sur deux, et là c’est la fois où il ne l’est pas), Giovanni Ribsi (qui plus le temps passe, plus il semble abonné aux seconds rôles de merde… dommage), Kate Beckinsale (qui veut se prouver qu’elle peut jouer autre chose qu’une pouf moulée dans du cuir qui latte du lycan), et Ben Foster (qui à l’air de s’en foutre un peu et livre pour la énième fois sa performance de mec semi paumé sur les bords). Le seul à sauver est J.K. Simmons, impeccable en capitaine pas si carré que çà.

Contrebande est le remake d’un film islandais, et comme d’habitude lors de ce genre d’exercice, on a l’impression que ce qui en faisait le sel à disparu en traversant l’atlantique. Mais ce type d’exercice risque de continuer un petit bout de temps, le film ayant coûté 25 millions et en en ayant rapporté 65. Comme quoi en ce moment, mêmes les « gros » acteurs sont prêts à faire du « petit » film s’ils ont l’impression de s’encanailler en prenant des risques. Maintenant ce qui serait cool, c’est qu’ils en prennent vraiment…

Contrebande est donc à la limite du téléfilm de luxe, avec son suspens semblant calibré pour la ménagère de moins de 50 ans, fait pour ne surtout pas trop l’effrayer ou la tendre. Le seul petit morceau de bravoure consistant en une petite scène de fusillade en pleine rue, que toute l’équipe du film essaie de vendre comme étant géniale, mais qui fait vraiment pâle figure devant celles de Heat tournées il y a 17 ans déjà. Bref, passez votre chemin.
2 commentaires
Et sinon je me suis tapé le "dernier" Spielberg l'autre jour, "war horse", je me suis tellement fais chier que je me dis qu'il ne faut absolument pas que je sois la seule et qu'il faudrait bien faire découvrir ce film à des gens.
Après je ne sais pas si je t'offense, ne sachant pas si tu es un fan de Spielberg ou pas. Enfin le mec a quand même réussi à faire un film du point de vue d'un cheval pendant 2h donc je lui dis bravo quand même.
je crois que les scénaristes sont partis depuis quelques temps déjà dans le monde des séries, qui sont quand même plus intéressantes que les 9/10è des films qui sortent.
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