Creep – C’est beau, un métro, la nuit… ou pas
Par bebealien le Oct 4, 2011 | Dans News, DVD | 2 retours »
J’aime bien Christopher Smith. D’ailleurs je critique régulièrement ses films qu’il aligne avec une jolie régularité. Ils ne sont pas tous réussis, loin s’en faut. Mais il n’hésite pas à faire du genre pour du genre, sans chercher à faire du clin d’œil à la con, ou de copier les maîtres. Creep est son premier long métrage. Et Smith a fait comme tous les jeunes réals qui aiment faire un film un peu différent : de l’horreur, reposant sur un concept simple, avec un casting réduit et dans un lieu unique. S’il a du faire son petit effet lors de sa sortie, sept ans plus tard Creep fait vieillot avec son boogeyman qui n’a pas super bien vieilli. Dommage.
Creep – And I’m a creep, I’m a weirdo. What the hell i’m doing here ?
Kate, une londonienne, s’ennuie dans sa petite fête, et décide d’aller sur les traces de George Clooney sensé séjourner en ville. Problème, à cette heure-ci pas de taxi disponible. Elle prend donc le métro. Ayant un peu trop bu, elle s’endort pour se réveiller dans une station totalement vide. Prenant le dernier métro passant, elle se retrouve coincée entre deux stations, lumières éteintes. Mais si la rame s’est arrêtée, ce n’est pas pour être parquée pour la nuit, mais parce qu’une étrange créature vient d’attaquer son conducteur. Une longue nuit va commencer pour Kate…

Suite:
Je suis emmerdé pour parler d’un tel film car rien qu’à la lecture de son pitch, beaucoup d’entre vous doivent être capables de faire une liste exhaustive des différents rebondissements que l’on est en droit de s’attendre à y voir… et le constat est que cette liste est respectée à la lettre. Alors oui, c’est un premier film et quelque part il est normal qu’un réalisateur colle le plus possible à un code existant plutôt que de prendre des risques qui auraient pu, à terme, en faire un film raté. Mais du coup, les péripéties sont tellement convenues que la seule originalité réside dans le lieu de l’action : le métro.

A la limite, le boogeyman aurai pu faire remonter le niveau. S’il est bâti sur quelques bonnes idées (son côté animal pas trop caricatural, ses origines juste évoquées et non pas expliquées bêtement…) il pâti d’un design qui fait un peu cheap aujourd’hui. Et malheureusement, plus le film avance, plus il en prend plein la gueule, et plus domine une impression de voir un mec tartiné de ketchup et faisant le couillon, en lieu et place du monstre malgré lui que le script essaie de nous vendre. Et comme j’ai pu le répéter maintes fois : un film réussi, c’est avant tout un bon méchant…

Pour incarner l’héroïne, Smith fait appel à Franka Potente, tout juste auréolée du succès de Cours, Lola, Cours. Le choix est plutôt judicieux, car avec sa palette de jeu plutôt subtile, Franka évite de faire de son personnage la cruche blonde habituelle que l’on voit dans ce type de productions. Mais elle ne peut pas non plus faire de miracles, son personnage étant totalement unidimensionnel et n’étant pas vraiment appuyé par les quelques personnages secondaires très caricaturaux croisés dans le film. On se tape même le cliché du noir sympa mais trouillard et qui meurt. C’est dire…

Ce qui est embêtant avec les films d’horreur, c’est que les concepts qui marchent sont tout de suite copiés et recopiés jusqu’à ce que la moindre trace d’originalité soit transformée en redite insupportable. Et Creep, avec du recul, et même s’il est arrivé au début d’une vague de film de monstre, est on ne peut plus ancrer dans sa période. Sauf qu’aujourd’hui, ce type de film marche beaucoup moins. Et quelque part, je trouve qu’on mesure la grandeur d’un film à sa capacité à traverser les âges en restant d’actualité. Désolé, là ce n’est pas le cas.
2 commentaires
bref ton film là il faut le matter ou pas du coup, je perds deux heures de ma vie, que de toutes les manieres jaurais perdu devant masterchef ?
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