Démineurs – La claque de Kathryn Bigelow
Par bebealien le Sep 28, 2009 | Dans News, Cinéma | 22 retours »
Pas de long préambule aujourd’hui. Bunker continue à tourner correctement, en attendant un passage que j’espère rapide en homepage de dailymotion. L’interview d’Olivier Megaton est montée et devrait être publiée dans quelques jours. Ma paternité se rapproche de plus en plus. Je galère toujours autant pour trouver ma coprod pour mon prochain projet. Bref la routine, quoi. Heureusement que Bigelow est là pour nous mettre une claque dans la tronche et réveiller les masses endormies…
Démineurs – L’amour du risque
Suite à la mort brutale du responsable de l’unité de déminage à Bagdad, le lieutenant James est parachuté pour reprendre ses fonctions. Totalement tête brûlée, il n’hésite pas à prendre des risques totalement inconsidérés juste pour pouvoir prendre son shoot d’adrénaline. A tel point que James est limite accroc et incapable de décrocher, provocant même parfois des situations dangereuses juste pour pouvoir se sentir exister…

Suite:
Vous allez sûrement vous dire : et merde, encore un film de plus sur la guerre. Oui mais vous auriez tort. Car si on parle bien de guerre dans Démineurs, on ne voit jamais plus d’une poignée de soldats à l’écran. Même si le film se passe à Bagdad, il ne s’intéresse pas au conflit irakien, mais aux hommes qui y participent et particulièrement à cette équipe de déminage. Car comme le film le dit lui-même : il faut être sacrément tête brulée pour être prêt tous les jours à aller jouer sa vie sur un coup de dé. Ou totalement inconscient. Ou totalement accroc à la peur.

Le film de Bigelow, qui prouve d’ailleurs une fois de plus que les femmes font des films parfois beaucoup plus burnés que leurs homologues masculins (voir le dernier Punisher pour s’en rendre compte), a d’ailleurs pour principale thématique cette peur. Une thématique si bien exploitée qu’avec quasiment rien à l’écran, elle installe une ambiance de thriller sous haute tension, faisant vraiment flipper et posant le spectateur dans la peau du démineur. Un tour de force, appuyé par un script qui évite tous les gros clichés habituels. Pas de fil rouge / fil bleu, de compte à rebours écrit en gros ou de héros invulnérable. Les balles fusent, les bombes sautent, tuent quasiment à chaque fois et n’importe qui peut mourir n’importe quand.

Même s’il n’est pas conçu comme un thriller, Démineur fonctionne sur le même modèle. Personnages intelligents et creusés au-delà du stéréotype initial, situations tendues comme des strings, caméra à l’épaule qui évite la shaky cam, musique minimaliste… Tout est fait pour montrer le travail de ces hommes et aussi tenter d’expliquer l’étrange fascination qu’il exerce sur eux, et comment la vie quotidienne leur paraît d’une banalité totalement affligeante. Ils ne vivent que par et pour ces moments intenses où ils sont en face d’une bombe.

Alors certes, on pourra éventuellement reprocher au film de faire parfois trainer ses gros sabots sur le terrain de la psychologie, mais lorsqu’on sait que les démineurs sont toujours des volontaires et qu’on en trouve toujours disponibles pour ce genre de mission, Bigelow n’a peut être pas autant grossi le trait que çà. Quoi qu’il en soit, si vous avez toujours eu envie de voir un film de guerre différent, où les Gis américains ne passent pas leur temps à prendre des vies mais à en sauver, ce film est fait pour vous. Et d’ailleurs, que vous aimiez ou non les films de guerre, il vaut clairement le détour.
22 commentaires
Mais ta critique appelle à la curiosité, faut que je vois ça :p
Et en plus il poutre du caribou.
J'aurais une petite question pour ma culture : c'est quoi une shaky cam ?
Et beaucoup trop de films en usent voir en abusent et finalement on ne comprend rien de ce qui se passe à l'écran. Comme par exemple les scènes d'action du dernier James Bond.
Renner a joué dans 28 semaines plus tard, le rôle du soldat qui aide la doctoresse a sauver les enfants.
Je le conseille vivement, il m'a d'ailleurs bien plus marqué que district 9 (même si ce n'est pas le même registre), que je conseille aussi mais s'il fallait choisir entre les deux, c'est lui.
J'espère ne pas regretter mais je te fais confiance ;)
*BIM* (ça c'est le bruit de la claque que je me suis prise)
Etant moi-même drogué à l'endorphine, je comprends très bien le Besoin du personnage, il ne fait pas ça pour être un héro, cool, ni même phénoménal, mais parce qu'il le doit (pas du verbe devoir, plutôt du verbe "faut que je le fasse sinon je deviens fou")
2 heures sous pression, immersion totale dans chaque scène, un sentiment de vulnérabilité mélangé à l'excitation du "lancé de dés". Wahou, j'ai aimé, et pourtant je ne suis pas fan des films sur la guerre.
Mention spéciale à la scène du supermarché !
Et congratulation pour la rejeton, tu peux être fier de toi \o/
Et en effet, Démineur fait partie de mon top des meilleurs films de l'année.
l'intro est phénomenale, on a l'impression de se faire disloquer.
Plus tard on se rend compte que les demineurs le sont déjà en partie de l'interieur - trés bonne séquence back in USA.
Vu hier soir, et passé un super moment, le film est vraiment bien foutu. Les scènes "d'action" sont vraiment prenantes, et les personnages intéressants.
Je sais pas si c'est dû à la tenue de la caméra ou au script, mais je me suis vu regarder un documentaire amateur (sans l'impression de véridique d'où le manque de tension).
J'essayerai de revoir ça avec le 5.1 déjà, ça changera surement un peu.
[SPOILER]
En fait y'a que vers la fin où il doit s'occuper de désamorcer la bombe sur le gars que j'ai trouvé interessante, mais sans vraiment me dire "ow wtf!!!"
[SPOILER]
Enfin bref, c'est pas un mauvais film, mais de là à avoir autant d'éloge je saisis assez mal, mais bon ! :p
En tout cas si je suis élogieux, c'est que ca a fonctionné sur moi.
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