Des hommes d’influence – Guide de manipulation des médias
Par bebealien le Fév 23, 2010 | Dans News, Cinéma | 6 retours »
De temps en temps, j’aime bien rattraper mon retard concernant des films un peu plus anciens à côté desquels j’avais pu passer par mégarde. Et certains d’entre eux sont d’autant plus intéressants que s’ils attaquaient des sujets importants à l’époque, leur propos peut parfois s’appliquer au monde actuel. C’est le cas du film d’aujourd’hui, traitant de manipulation de l’opinion publique et de bidonnage d’information pour arriver à refaire élire un président. Ca vous rappelle quelque chose ? Normal, les mêmes méthodes sont appliquées à peu près partout…
Des hommes d’influence – Un film qui n’a pas pris une ride…
Le président des Etats Unis s’est présenté à un nouveau mandat. Mais alors que les élections approchent, il est éclaboussé par une affaire de mœurs et sa victoire semble très largement compromise. Un de ses conseillers prend les choses en main et avec l’aide d’un producteur décide de monter une communication bidon à base d’une guerre fictive, de soldats restés derrière les lignes ennemies et d’une jolie chanson… afin de faire basculer l’opinion publique. Un travail de haute couture qui ne laisse que dix jours pour changer le résultat potentiel des urnes…

Suite:
Barry Levinson a été très absent au cinéma ses derniers temps. Il faut dire que sa période faste des années 90 (Rain Man, Harcèlement, Sleepers, Donnie Brasco…) semble bien derrière, et que depuis je n’ai pas vraiment été convaincu par ses films. Il semblerai qu’il soit d’ailleurs en train de tenter un come back. Quoi qu’il en soit, avec ce film sorti en 1998, il fustigeait ses compatriotes américains, aptes à changer d’avis comme de chemise à condition qu’on leur raconte une jolie histoire qui fasse pleurer dans les chaumières. Un discours acide qui est toujours d’actualité.

Là où les américains sont plus fort que nous, c’est qu’avec un tel sujet, au lieu de tout prendre au sérieux et d’aligner des acteurs qui tirent une gueule de dix pieds de long pendant une heure et demie, ils alignent un gros casting (Robert De Niro, Dustin Hoffman, Anne Heche dans les rôles principaux et Kristen Dunst, Woody Harrelson ou William H. Macy en renfort), le tout sur un tempo de comédie qui permet de faire passer les pires horreurs et le cynisme le plus odieux avec le sourire. Bref, c’est un art de faire rire de choses aussi sérieuses, et cet art est ici parfaitement maîtrisé.

A l’époque, le film fut tourné au moment même ou le scandale Monica Lewinski fut révélé, créant un intriguant parallèle entre fiction et réalité. Aujourd’hui, on retiendra surtout la facilité avec laquelle on peut manipuler un public qui n’a aucun moyen de contrôler la véracité des informations qui lui sont relayées par les médias, tous s’appuyant sur les mêmes agences de presse pour obtenir leurs scoops. A ce titre, le passage autour de la confection d’images d’une fausse guerre en Albanie est juste réjouissant et oblige le spectateur moderne à s’interroger sur la véracité de ce qui lui est présenté…

Formellement, le film a quand même un poil vieilli, principalement à cause de son rythme calme et de sa lumière un peu trop téléfilm. Mais sur le fond, je vous encourage à le regarder car en décortiquant l’actualité vous devriez voir apparaitre de curieuse résonnance entre ce qui est un film de fiction et la réalité… Au moins, ce qui est bien avec les vieux films, c’est qu’ils ne sont vraiment pas très difficiles à se procurer, et celui-ci devrait avoir une jolie place dans votre DVDthèque. Bref un film qui n’est pas parfait mais qui est diablement malin.
6 commentaires
T'as déjà fait des critiques sur Le Parrain ou les autres classiques (Il était une fois dans l'ouest...) car c'est cool de lire tes critiques. ^^
Merci en tout cas pour les encouragements.
Malheureusement, souvent l'histoire nous prouve quelques années plus tard que au mieux, c'était juste, au pire c'était encore sous-estimé.
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