District 9 – Pas la révolution annoncée mais un excellent film
Par bebealien le Sep 21, 2009 | Dans News, Cinéma | 33 retours »
Aujourd’hui, une intro peut être un peu plus longue que d’habitude. Ce week end, comme vous le savez, j’ai enfin sorti mon court métrage Bunker. Et je suis très content des premiers retours, sachant que la version sous titrée en anglais commence à bien tourner également. J’ai également eu la chance de pouvoir faire ma première interview filmée ce weekend end, et c’est Olivier Megaton qui a essuyé les plâtres. Le réalisateur de la Sirène Rouge et du Transporteur 3 est revenu pendant 2 heures (ouais j’ai 2h de rush !) sur sa carrière, ses choix, Europa Corp, l’importance de viser un public international et ses futurs projets. J’ai trouvé çà passionnant, mais on va peut être éviter de vous balancer les deux heures complètes à la figure. Je vais essayer de monter tout çà pour tenir 20/30 minutes et je mettrai le tout sur le blog dès que c’est prêt. Ha et euh, continuez à parler de Bunker autour de vous, et n’hésitez pas à publier des articles où vous le pouvez. Je prends toute forme de pub…
District 9 – Enfin un film de science fiction qui sort du formatage habituel
Une vingtaine d’années plus tôt, un vaisseau extraterrestre est tombé en panne au dessus de Johannesburg, avec un million d’individus à bord. Très vite, il est décidé de parquer les aliens dans des taudis, pendant qu’un organisme nommé la MNU est créé pour gérer les affaires courantes. Aujourd’hui, sous la pression de la population, la population extraterrestre du District 9 doit être transférée vers une autre zone, beaucoup plus éloignée de la population humaine. Wikus van der Merwe, l’agent chargé de la logistique va néanmoins tomber sur un gros problème en manipulant un tube contenant un virus le faisant petit à petit muter…

Suite:
C’est toujours embêtant d’aller voir un film sur lequel un énorme buzz s’est créé. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’un premier film, qu’il s’intéresse à la SF et que les critiques sont vraiment dithyrambiques, le traitant déjà de chef d’œuvre. En l’occurrence, je ne suis pas tout à fait sur que ce soit le cas, et seul le temps nous le dira. Mais par contre, ce qui est sur, c’est que District 9 est clairement le film le plus excitant de l’année, et que pour un premier film, Neil Blomkamp tape très très fort.

Il est amusant de constater que les pays qui font le cinéma le plus intéressant sont ceux dont l’histoire récente ou actuelle est marquante. La Corée, avec sa division intestine enchaîne bombe sur bombe. La relève pourrait venir d’Afrique du Sud, avec ce film qui sous couvert de SF parle avant tout de l’apartheid. Un sujet encore très chaud là bas, et vraiment pas facile à manier, surtout dans le contexte d’ultra violence qui règne sur place.
Mais au-delà de son propos social, District 9 est avant tout un vrai bon film de science-fiction qui prend totalement à contrepied le cliché des méchants envahisseurs se faisant botter le cul par les gentils américains. Ici ils sont intégrés (mal) à la population et sont les oppressés. Au-delà de la pirouette scénaristique inversant la tendance, on note surtout une grosse envie de faire un film quasi documentaire, s’intéressant avant tout à ses personnages et non à la manière de faire péter le plus de trucs à l’écran.

Le film est d’ailleurs d’autant plus hallucinant que son budget de 30 millions de dollar semble dérisoire face aux mastodontes que nous pond régulièrement Hollywood. Et pourtant Blomkamp se lâche, bourrant son film ras la gueule d’effets spéciaux avec extraterrestres, armes futuristes, et même un Mecha. Non seulement il flatte le spectateur en lui proposant du grand spectacle, mais en plus il le flatte intellectuellement en justifiant ses scènes d’action et en ne cherchant à aucun moment à faire de l’esbroufe visuelle.

District 9 fait beaucoup parler de lui en ce moment car il met une claque à tout un pan du cinéma US. Et c’est réjouissant. Pas de star au casting, un concept novateur (enfin pas tout à fait, puisqu’il brasse des influences connues) et surtout une volonté de raconter une histoire… autant de concepts que nos amis hollywoodiens semblent avoir oublié depuis longtemps. Et il est toujours bon de voir quelqu’un le leur rappeler.
Alors oui, je le redis, District 9 est clairement le film le plus intéressant que j’ai pu voir cette année et il est capable de plaire même aux allergiques à la science fiction. Maintenant, il n’est pas exempt non plus de petits défauts (une caractérisation facile des Nigériens, une histoire qui se dilue un peu dans la deuxième partie), mais franchement rien de grave. Donc si vous avez 10€ à dépenser, District 9 est sûrement le meilleur investissement que vous pouvez faire en ce moment.
33 commentaires
Et alors que tout le monde semble se comprendre, même pas on essaie d'installer une relation diplomatique. Non, évidemment, ça tourne au massacre avec ses abrutis d'humains qui flippent devant l'inconnu. OMG des extraterrestres, vite, au goulag !
En tout cas, en tant que grand amateur de SF, ça fait un moment que j'attends ce film ( avec avatar de Cameron ).
"Donc si vous avez 10€ à dépenser, District 9 est sûrement le meilleur investissement que vous pouvez faire en ce moment."
C'est là que je me rends compte qu'en fait les cinémas pres de chez moi ils sont vraiment pas cher !
Franchement, vouloir briser les clichés pour retomber dans l'extrême inverse (aucun humain du film n'est sauvable, même le héros reste un enculé qui aide juste pour sauver ses miches) c'est un peu dommage.
Je trouve aussi l'ultraviolence général du film quelque peu inutile et facile.
A mon sens l'histoire avait du potentiel mais elle n'est jamais vraiment explorée, heureusement qu'il y avait un goddamn mecha !!
Pourtant sa femme ne l'est pas, lui non plus... c est juste ce qu'on appelle un "héros tragique" c'est à dire un héros créé par les faits qui l'entourent. Mais bon rien d original la dedans, y'en a plein dans le cinéma...
Je n'ai pas trouver que le film était violent inutilement, au contraire. Ce n'était pas la violence contenue et mise en scène des films en générale.
En revanche, le personnage principal est irrécupérable, ou presque. Jusqu'à la fin du film il n'aide que par intérêt c'est vrai. Mais quelque part j'ai vu ça comme une sorte de morale; disant que l'homme n'était certainement pas naturellement altruiste et désintéressé. Bien sûr qu'on compatit mieux à la misère lorsqu'on est soi-même miséreux !
Bref, voila.
Tout cela pour dire, que même si ce film n'est pas parfait ( et rien ne l'est, n'oublions pas ), il est quand même selon moi, à classé parmis les bons films. Et à aller voir au cinéma
Le mieux est encore pour le spéctateur de decouvrir cette bombe SF avec un regard vierge de toute info sur le film ;)
Pourtant sa femme ne l'est pas, lui non plus... c est juste ce qu'on appelle un "héros tragique" c'est à dire un héros créé par les faits qui l'entourent. Mais bon rien d original la dedans, y'en a plein dans le cinéma..."
Sa femme ne sert strictement à rien donc autant pour le quota bonté. Je suis désolé, le monde n'est pas tout noir, le traitement des aliens aurait du quand même choquer deux trois personnes. Mais non, la on a des militaires vraiment très méchant qui tuent des aliens pour le fun, des scientifique vraiment très méchant qui charcutent des aliens pour le fun et des héros vraiment très méchant qui tape des aliens père de famille pour se calmer les nerfs et probablement un peu pour le fun.
Sinon je vois les mêmes défauts que Cerbérus et les mêmes bémols que toi mais ça ne saute pas aux yeux excepté le côté neuneu du héros un peu grotesque.
J'ai aimé les clins d'oeil SF(le robot de "alien 2","V" et le côté gore "starship trooper")
Mon copain n'a pas aimé,il a trouvé ça léger comme "star trek"(c'est bizarre d'habitude c'est moi qui dit ça)
mais ça choque, devant l'entrée du camp il y a des manifestations "humanitaires" pour qu'il n'y ait pas de violence avec les crevettes. Aprés effectivement on se trouve du coté du MNU qui est clairement pas trés defenseur des bestioles ..
Un bon scénario bien exploité, de l'action, du gore (la transformation à "la mouche", miam miam), un peu d'humour, de l'émotion (j'ai bien failli lacher ma petite larme à certains moments... pour des crevettes, faut le faire ^^), bref il y a tout !
En première impression, on pourrait penser que les humains qui nous sont dépeints sont un peu trop "méchants"... mais c'est faire preuve d'une grande naïveté. Il n'y a qu'à voir comment on traite les réfugiés de notre propre espèce (et ce, même dans notre pays, soit disant "des droits de l'homme") : dégout, mépris et violence, tout ça sous le prétexte parfaitement stupide et immoral "qu'ils sont chez nous".
Rien d'étonnant à voir les militaires se montrer stupides et violents, après tout c'est leur boulot. Les plus grandes atrocités ont toujours été commises sous couvert du "j'obéis aux ordres".
Et pour ce qui est des scientifiques et de leurs expériences cruelles, ça ne me semble pas irréaliste. Quand des montagnes de fric sont en jeu, l'humain perd toute notion de bien et de mal.
Non, au contraire, le tableau est extrêmement réaliste. Et comme cela vient d'être dit, TOUS les humains ne sont pas mauvais. C'est juste qu'on ne nous montre pas beaucoup les pro-alien.
Wikus lui-même, malgré ses nombreux aspects pitoyables (enfin un héros de film original), finit par renoncer à son égoïsme pour aider Christopher et son enfant crevette kawai.
Bref, je ne me suis pas ennuyé une seconde, et je pourrais passer des heures à énumérer les nombreuses qualités de ce film.
Quelques petits regrets cependant : j'aurais bien aimé en savoir un peu plus sur les aliens (en particulier pourquoi ils ont été amenés à quitter leur planète).
En tout cas, amateurs de SF ou non, foncez donc voir District 9 !
C’est un peu comme si une ONG gérant un camps de réfugié était composée uniquement par des tortionnaires qui ne supporte pas les personnes qu’ils hébergent, c’est pas viable avec une telle ampleur et c’est pas logique.
J’ai peut être une vision trop naïve de l’espèce humaine mais il me semblait qu’un de nos rare trait positif parmi tous nos défaut était l’empathie, je suis triste de ne pas l’avoir retrouvé dans le film, au moins un tout petit peu.
Très bon film pour ma part en tout cas ^^
Et pour le comportement général des différents protagonistes j'ai trouvé que cela faisait plutôt vrai. Le pauvre mec est paumé et essaie de profité de tout ce qui lui passe sous le coude, certainement comme tout à chacun le ferais dans une situation pareille.
Quand aux miliciens complètements zinzins, faut voir le MNU, parce que dans le genre organisation pourrie et loin d'être respectueuse elle en impose, donc qu'elle ait des membres armés violents, et surement racistes ne me choque pas.
De plus le film envoie quand même pas mal pour un "petit budget", j'étais bluffé.
J'ai été conquis par l'aspect documentaire/caméra au point du film qui, à aucun moment, n'est tombé dans l'aspect brouillonnement bordélique des moments de panique d'un Cloverfield. De plus, j'ai adoré la seconde lecture du film et toutes les références à l'apartheid, qui m'a un peu fait penser à Starship Trooper. Et puis, le traitement du sujet avec des "non-humains" permet au réalisateur de nous rappeler que l'être humain a cette grande capacité à s'unir dans la bêtise et l'avarice et qu'il n'y a pas de couleur pour être idiot.
Pour quoter Lyrya, et Même si je suis de l'avis général de Cerberus concernant le film, à plusieurs moment, il y a des militants devant le camp en train de manifester. Et puis, il y a le militant des droits de "l'Homme", parmi les narrateurs qui contre-balance un peu par son discours le côté "connard-abruti-assoiffé d'argent" de l'être humain qui est dépeint dans tout le film.
Un bon SF, qui dépasse de loin les américaneries dernières et ce que j'ai vu la semaine passé: Ultimate Game ::soupir::
Remarque personnelle sur le film : j'ai bien aimé le réalisme des tirades du héros. Là où Bruce Willis aurait forcé sur l'humour et le décalé, lui se contente dans sa panique d'"enc****" et "fils de p***" (vu en VF malheureusement). Très anti-hollywoodien.
Je crois que quelqu'un dans les commentaires a parler du "Fils de l'Homme" et je trouve que les sequences de rafles dans le district en sont assez proches. Il y a dans ces 2 films un gros travail de réalisme qui est vraiment payant.
On n'ose imaginer ce qui se passe dans les camps de refugiés de part le monde, je crains malheureusement que les humains qui y sont parqués ne soient pas bcp mieux lotis que les crevettes...
Ensuite, j'ai trouvé que les scènes d'action étaient rarement justifiées et trop nombreuses, en plus d'être mal foutues (le robot à la fin... j'ai trouvé ça... nul, malvenu.)
Et enfin, pour finir, la façon dont la plupart du film a été tourné ne m'a aucunement plu. Parfois on a un caméraman qui fait partie du film, et donc qui est aussi un personnage, et puis hop ! tout a coup il disparaît, puis revient finalement. Késako ?
Enfin voilà, en deux mots concis, je l'ai trouvé à chier. Tellement à contrepied des habitudes qu'il en devient navrant...
Et puis tu n'as pas du être touché par le sous texte sur l'appartheid qui reste encore très frais dans l'esprit des sud africains...
Dommage, je pense que tu es passé à côté...
M'enfin ensuite c'est une question d'appréciation, et donc c'est pas vraiment débattable...
Bon globalement j'ai bien aimé l'aspect documentaire, j'ai surkiffé le petit côté "c'est arrivé près de chez vous" (particulièrement lors de la scène de cramage des oeufs), et le fait de ressentir l'excitation grandissante de Vikus quand il explique ce qu'il fait.
Un héros limite anti héros, c'est niquel surtout dans ce genre de film, ça change des Bruce W et autre Will S.
Bémol quand même sur la castagne un peu longue à la fin, ça aurait mérité d'être écourté.
Bon par contre en espérant qu'ils profitent pas de la fin du film pour pondre un District 9 2, le retour de la vengeance des crevettes, avec Roland E aux manettes...
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