From Paris with Love – On a connu Europacorp plus inspirée
Par bebealien le Mar 9, 2010 | Dans News, Cinéma | 8 retours »
Quand un film se fait descendre, j’aime bien aller le voir après tout le monde pour voir si la critique était vraiment justifiée. Et il s’avère que les productions de l’écurie Besson en font souvent les frais. Ayant apprécié Taken ainsi qu’une ou deux séquences du premier Banlieue 13, j’étais étonné de voir la presse unanimement cracher sur le film. Bon, c’est sûr, From Paris With Love est loin d’être brillant, la faute à une histoire trop paresseuse, mais il n’est pas calamiteux pour autant. Voyons pourquoi.
From Paris With Love – Ca remonte à quand le dernier vrai bon film de Travolta ?
James travaille auprès de l’ambassade américaine à Paris. De temps en temps, il aide les services secrets en faisant de petits boulots pour eux, et il se rêve en James Bond. Le salut arrive le jour où on lui demande de faire équipe avec une tête brulée sensée remonter une piste douteuse, juste avant un grand sommet international. Charlie Wax, la tête brulée en question, a des méthodes plutôt abruptes, et James va devoir se le coltiner et se rendre compte de ce qu’est vraiment le boulot d’agent secret, quitte à mettre au passage son entourage en danger.

Suite:
Après le succès surprise et mérité (il faut le rappeler pour faire taire les détracteurs) de Taken, et la recette mise en place depuis Le Transporteur, la bande à Besson pense avoir trouvé un filon juteux : le film d’action/thriller tourné à Paris avec une ou deux têtes d’affiches américaines pour booster les ventes. Après tout le concept est efficace et pas plus con qu’un autre. Et en plus il se vend bien, ce qui permet de produire de nouveaux films. Sur ce coup-ci, plutôt que d’avoir un héros seul tatannant la quasi intégralité du casting masculin, From Paris With Love fait dans le buddy movie. Et le résultat est plutôt déroutant.

En effet, la trame bascule à mi parcours vers autre chose, sensé être un peu plus sombre. Sauf qu’on a du mal à trouver le tout crédible et qu’à enchaîner les poncifs sur le sujet, le film se plante totalement. Alors certes, un des twists est plutôt bien trouvé, mais on le sent poindre le bout de son nez un peu à l’avance, et surtout Morel ne gère pas très bien ce changement dans l’intrigue en gardant son style décontracté qui est au final dissonant avec la prétendue gravité du sujet. Déjà que la première partie était un peu trop routinière, mais la seconde tombe du coup dans une sorte d’auto parodie qui finit d’achever le film.

Et pourtant, Travolta et ses doublures assurent plutôt bien. Si Morel sait toujours shooter l’action, il montre qu’il est moins à l’aise sur le reste. Et puis on le sent presque moins impliqué, comme s’il était passé en pilotage automatique. On n’évite pas non plus le syndrome du fameux générateur de script Besson parodié par Mozinor, à savoir qu’il intègre une fois de plus des flics, des putes et des bagnoles. Mais pour une fois ces éléments restent relativement discrets. Tant mieux. Mais ils sont remplacé par autre chose, à savoir des méchants chinois et des méchants arabes. Bref, on évite une caricature et on tombe dans l’autre.

From Paris With Love est donc raté, et paradoxalement c’est par son manque d’ambition. Etonnant pour un film Europa Corp. Mais on a l’impression que Morel s’est un peu trop laissé aller, ayant déjà un pied aux USA. Dommage. D’autant plus que Travolta fait ce qu’il peut pour faire vivre son rôle, même s’il en fait souvent trop, et Jonathan Rhys Meyers dont on n’attend pas grand-chose livre une prestation honnête. Et ce n’est pas la jolie Kasia Smutniak qui suffit à relancer la machine. Avec un peu d’écriture en plus et un Morel un peu plus préoccupé par ce qu’il tourne, ils auraient pu pourtant réussir leur coup…
8 commentaires
Je me suis grave emmerdé pendant tout le film et pourtant ca pete dans tous les sens. Faut dire que le duo d'acteur est vraiment pas terrible ... Entre Travolta qui nous la joue Steven Seagal avec des flingues mixé avec James Bond avec des vannes à la con, ca fait pas trop rever !!
Cela dis 2-3 scenes d'actions sont plutot pas trop mal foutues... Mais bon, ca ne fait pas un film correct pour autant .
Pour ce qui est de Morel, c'est clair que Taken était vachement mieux et beaucoup mieux construit. Car même si il y avait moins de morts, d explosions et de cascades, le film était paradoxalement beaucoup plus hard boiled que From Paris ...
Petit détail qui me fait sourire sournoisement, c'est Pierre Morel qui vient d'être rattaché a la réalisation du prochain remake de Dune ... aouchhh
Morel me semble au point sur les scènes d'action mais beaucoup plus faible sur le reste. Maintenant est-ce la faute d'un manque de motivation ? Est ce qu'un bon script peut lui permettre de combler quelques lacunes ? Je ne sais pas...
Mais c'est un choix étrange pour remaker Dune.
Déjà qu'au second degré une telle avalanche de lieux communs parfois franchement répugnants aurait été périlleuse à exploiter (mais OSS 117 y arrive à la perfection, pour ne citer que lui), alors au premier, c'est un naufrage nauséabond.
>Sin, c'est vrai que je n'ai pas parlé des raccourcis du film, mais en même temps il y en a à chaque fois dans ce type de Bessonnerie.
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