Gainsbourg vie héroïque – Plus une BD filmée qu’un vrai film
Par bebealien le Fév 1, 2010 | Dans News, Cinéma | 9 retours »
On commence par parler de la sortie du tout nouveau numéro de 42, le webzine totalement idiot dans lequel j’officie. Ce mois ci, c’est une thématique spéciale pirates et toujours 76 pages de conneries à avaler totalement gratuitement qui vous attendent. Cà se télécharge ici. Tant que j’y suis pour les gamers qui me lisent, Mass Effect 2 est un poil décevant car trop baston mais Assassin’s Creed 2 roxxe du poney. Voilà. Fini pour le hors sujet, on revient au cinoche avec un film réalisé par un scénariste/dessinateur. Fourmillant d’idée… mais un peu à côté de la plaque. Je vais vous expliquer pourquoi.
Gainsbourg vie héroïque – Beaucoup d’idées mais pas de fil conducteur
Vie du petit Lucien Ginsburg, depuis son enfance dans une France occupée et traquant les juifs, jusqu’à la fin de sa vie et ses excès. Portrait fantasmé du personnage, via ses rencontres, son rapport aux femmes et l’influence son alter égo Gainsbarre. Ou comment un peintre complexé par le fait de manquer de talent, et n’osant pas assumer ses dons pour la musique finit par en faire un peu par hasard et par percer en séduisant les plus belles femmes de la place de Paris.
Elmosnino, quand même très ressemblant avec Gainsbourg… 
Suite:
Joann Sfar vient de la BD et çà se voit. Car dans son film, on trouve les mêmes qualités et défaut de ce médium. Commençons donc par le positif. Je crois que sur ces dernières années, peu de films peuvent se targuer d’avoir une aussi bonne direction artistique que ce Gainsbourg. Lumière splendide, idées nombreuses (les marionnettes représentant l’alter égo de Gainsbourg), casting inspiré (surtout sur les seconds rôles d’ailleurs, Casta étant juste hallucinante de mimétisme en Bardot, mais Elmosnino s’en tirant pas trop mal dans le rôle titre malgré un petit penchant à tomber dans la caricature par moment), choix intéressant de se départir de la réalité pour proposer une vision fantasmée du personnage… bref d’excellentes bases qui font que le film est intéressant à regarder.Bardot (Casta, troublante et sans ultra ressemblante) et Gainsbourg (Elmosnino) 
Sauf que Sfar fait une erreur classique. Celle de croire que les codes narratifs d’une BD sont applicables à la lettre au cinéma. On a donc le droit à une succession de vignettes décrivant les moments clé de sa vie, en y rajoutant une part de fantaisie, de poésie ou d’invention. Si chacune, prise indépendamment fonctionne plutôt pas mal, leur juxtaposition devient vite indigeste, en raison d’un manque de fil conducteur. Au bout d’un certains temps, on a même l’impression de voir une suite de passages obligés qui finissent par manquer d’intérêt.
Lucy Gordon, décédée depuis, une belle révélation dans le rôle de Birkin 
Si les vignettes présentant des ambiances marchent bien en bande dessinée, puisque chaque lecteur peut y trouver le « rythme » qui lui sied, il n’en va pas de même avec le cinéma. Car finalement on suit passivement la vie de Gainsbourg et on a l’impression que ce qui lui arrive n’est pas vraiment justifié, arrive un peu « par hasard » et ne prête d’ailleurs pas souvent à conséquence. Par exemple, son autodestruction suite à ses amours contrariées avec Brigitte Bardot n’est jamais expliquée. Une scène on le voit se faire plaquer par Bardot. La suivante on le voit passer à Birkin. Celle d’après être bourré. Pas de psychologie. Encore moins d’explication.
Les années Gainsbarre… un peu trop vite expédiées 
En fait on a l’impression que Sfar se fait plaisir en mettant en image le Gainsbourg qu’il aime. Et du coup il fait un film relativement égoïste puisque tenant sur ses impressions propres et donc hermétique par définition. Donc malgré l’excellence artistique de son film, il laisse presque volontairement le spectateur en dehors, empêchant toute forme d’adhésion ou même de connivence avec ses protagonistes. Et c’est bien dommage, car sorti de ce relatif ennui qui gagne alors que le film avance, ce Gainsbourg vie héroïque possède de grandes qualités…
9 commentaires
Pour ma part j'ai trouvé ce film très bon, et agréable à regarder.
Certes, tous les passages de la vie de Gainsbourg n'ont pas été expliqué, mais il est quand même indiqué sur l'affiche, et au début du film, que "Gainsbourg (vie héroïque)" est un "conte" de Sfar (et non un biopic pur et dur).
Et le côté BD de la réalisation n'est pas dérangeant ou désagréable pour suivre l'histoire. Fan de Gainsbourg ou pas, on ainsi à faire à un beau film bien ficelé !
Car pour moi, mises bout à bout ainsi elles sont un peu vides de sens. Chacune individuellement veut dire quelque chose, mais pas le patchwork... qui a fini par me lasser.
C'est drôle, c'est ce que j'aurais dit des chansons de Gainsbourg. J'ai horreur de ce personnage et de sa musique (pourtant j'ai essayé, si si ! Mais non.)
Tout ça pour dire que ce film, je n'irai pas le voir; sauf si le sort du monde en dépend.
Et encore.
Ca reste quand même dans le haut du panier de ce que j'ai pu voir en cinoche francais dernièrement.
mais dis-moi, t'as pensé quoi de l'interprétation du gosse qui jouait Gainsbourg dans ses jeunes années ?
Mais en revanche son rôle est un peu caricatural donc tête à claque.
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