Gran Torino – Le chant du cygne de Clint Eastwood
Par bebealien le Mar 3, 2009 | Dans News, Cinéma | 5 retours »
Pour commencer, quelques nouvelles. Le numéro 2 du webzine 42 démarre bien puisqu’on a passé hier soir le cap des 8 000 downloads. Nous sommes contents de la fidélité des lecteurs et on est déjà en train de travailler d’arrache-pied sur le prochain numéro. Concernant Bunker, l’étalonnage est a priori bien avancé et je dois aller le vérifier incessamment. Une fois bouclé, restera juste la BO et le mixage final à faire. Autant dire qu’il sera, je l’espère, bientôt disponible.
Gran Torino – Clint Eastwood fait son au revoir en tant qu’acteur
Walter Kowalski est un vieux grincheux qui vient d’enterrer sa femme. Il n’aime personne : ni ses enfants ingrats, ni ses voisins asiatiques qui prennent petit à petit possession du quartier. Lorsque Tao, le gamin des voisins, tente de lui voler sa voiture de collection sous la pression d’un gang, Walt réagit. En prenant ouvertement position contre le gang, il va s’attirer les faveurs du quartier qui le prend pour un héros. Oubliant sa misanthropie habituelle et un peu malgré lui, Walt décide de prendre Tao sous son aile pour l’endurcir…

Suite:
Depuis plusieurs films déjà, Clint Eastwood traite de thématiques liées à la vieillesse et à la mort. A 78 ans, il pète néanmoins la forme et semble toujours apte à botter des derrières. Il a néanmoins récemment décidé d’arrêter de faire l’acteur pour se concentrer uniquement sur la réalisation. A ce titre, Gran Torino est donc sa dernière apparition sur grand écran et peut donc être perçu comme une sorte de testament à destination d’un public qu’il sait fidèle.

Clint fait parfois un peu peur dans ce remake officieux du personnage de justicier de Charles Bronson. Flirtant avec une idéologie de l’auto-défense et du patriotisme mal placé, il campe un personnage parfois douteux, mais touchant. D’ailleurs certains critiques sont tombés dans le piège, n’y voyant qu’un ersatz de film de vigilante et non pas le discours humaniste sous-jacent. Car au lieu de prêcher pour l’auto-défense, Clint plaide justement pour l’inverse.

Alors certes, on pourra râler un peu lorsqu’on le voit grimacer tel un bulldog lorsque Walt est mécontent, ou tomber dans la caricature presque outrancière de la violence verbale de son personnage. Mais si on gratte un peu le vernis, Eastwood ne nous dépeint pas un personnage aigri, mais un personnage seul, apeuré à l’idée de finir sa vie oublié et dans son coin, refusant de vieillir et d’être considéré comme déjà mort. Bref un personnage voulant vivre coûte que coûte et entretenant par routine son personnage de dur pour éviter de montrer qu’il peut s’ouvrir.
On peut également voir dans ce dernier film en tant qu’acteur un résumé d’une longue carrière, mélangeant le personnage dur de Dirty Harry avec les facettes plus nostalgiques de Sur la route de Madison. Ce que l’on voit surtout, c’est l’extrême pudeur d’un homme préférant passer pour le dernier des abrutis plutôt que de montrer le moindre signe de faiblesse. De là à dire que Clint compose ici son rôle et son interprétation la plus complexe…

Dans son déroulement, Gran Torino reste relativement classique, même s’il s’amuse à détourner avec bonheur les codes du vigilante movie, qui n’est en fait qu’un prétexte. Sans la spoiler, la fin est surtout une sorte de passage de relai métaphorique entre la vieille génération qu’il incarne et une jeunesse qu’il trouve perdue, en manque de repaire et manquant surtout de courage et de volonté (pour ne pas dire de corones dans le slip), mais en laquelle il a ouvertement confiance.
Bref Clint montre qu’il est toujours aussi bon réalisateurs qu’acteur et qu’il est une figure incontournable du cinoche américain depuis quarante ans. Heureusement son prochain film est presque déjà dans la boîte, et on espère pouvoir continuer encore longtemps à suivre son travail de réal. Mais nom didiou, qu’est-ce qu’il va pouvoir nous manquer comme acteur !
5 commentaires
Très bon film. Je trouve que la grand-mère Hmong a aussi joué un rôle dans la re(?)humanisation de Walt. Le fait qu'elle soit aussi méprisante que lui le titille.
+1 en VO, évidement.
http://le-cinema-autrement.over-blog.com
Merci.
André.
Avec le doublage québecois et le doublage français, et je trouve que la VQ est meilleure du point du vue de la retranscription de l'humour, des vannes "racistes" etc...
Mais n'empêche qu'a chaque fois que je vois ce film, j'en chiale à la fin!
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