Infernal Affairs – Le film à l’origine de « Les Infiltrés »
Par bebealien le Oct 27, 2009 | Dans News, DVD | 5 retours »
Aujourd’hui, parlons d’un grand classique du cinéma hongkongais, même s’il est pourtant relativement récent. Si le public européen n’a pu découvrir le film que tardivement et avec une mauvaise distribution en salles, il a par contre pu en voir le remake réalisé par Scorcese, avec Jack Nicholson, Leo Di Caprio, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Alec Baldwin et Matt Damon. Si le personnage joué par Nicholson apporte un côté intéressant au film, celui-ci reste quand même largement inférieur à son illustre modèle qui posait une tension beaucoup plus palpable avec une belle économie de moyens. Revenons donc sur le premier film de la trilogie Infernal Affairs.
Infernal Affairs – Flics, voyous, et jeu de dupe
Yan est un flic infiltré auprès de Sam, un parrain de la pègre local. Son but est simple, tenter de le faire tomber. Seul le commissaire Wong est au courant de la vraie identité de Yan, car il souhaite éviter toute fuite pouvant le mettre en danger. Ming est un homme de Sam infiltré dans les équipes de Wong, afin de prévenir à temps son chef si la police tente de le coincer. Yan et Ming apprennent en même temps qu’il existe une taupe dans le camp d’en face. Commence alors un jeu pervers et complexe pour savoir lequel arrivera le plus vite à démasquer l’autre, sans pour autant se compromettre…

Suite:
Infernal Affaires fait partie de ces films au concept extrêmement simple mais à très fort potentiel. Et autant dire que contrairement à ce qui se fait malheureusement un peu trop ces derniers temps (c.f. Pandorum), ce film arrive à tirer l’essence même de ce pitch initial pour faire un film nerveux, tendu comme un string et absolument passionnant. Vous en avez souvent vu, vous, des films policiers avec une telle ambiance et où il y a très peu de coups de feu ?

En plus, histoire de magnifier le projet, le réalisateur Andrew Lau s’appuie sur un gros casting : Andy Lau (qu’on a vu par exemple dans le Secret des Poignards Volants et qui est une méga star à HK en raison de sa carrière parallèle de chanteur) et Tony Leung Chiu Wai (Une balle dans la tête, A toute Epreuve ou encore In The Mood for Love). Deux très gros acteurs donc, avec une filmographie épaisse comme un bottin téléphonique, et qui se plient sans soucis aux exigences de rôles demandant de la sobriété, alors que les canons chinois veulent plutôt du cabotinage.

Mais surtout, là où le film est diablement malin, c’est qu’il se permet des retournements de situations bien vicieux, non pas en enchaînant les révélations débiles à deux balles, mais en faisant évoluer certains de ses protagonistes de manière disons… peu attendue. Ou encore en créant des atmosphères ultra tendues avec un bras dans le plâtre, un téléphone et quelques dialogues. Ou enfin en arrivant constamment à surprendre le spectateur en s’éloignant des sentiers pourtant ultra balisés de ce type d’intrigues.

Pas étonnant, au final, que le film ait donné lieu à un remake. Ce qui est dommage par contre, c’est que même avec la classe de Scorcese, Les Infiltrés n’apporte vraiment pas grand-chose à l’histoire (le personnage de Nicholson est un poil plus fouillé, et le tout se passe dans un milieu irlandais, c’est tout). Le reste est parfois une décalque au plan près de certaines séquences et en zappe de manière incompréhensibles d’autres (par exemple, la fameuse scène du bras dans le plâtre qui justifie à elle seule la vision du film original). Infernal Affairs fait partie d’une trilogie. Le deuxième épisode est regardable, mais le troisième est un peu en dessous. Et si vous êtes sages, je vais les chroniquer dans la foulée…
5 commentaires
La thématique simple permet de moments de tensions extrêmes, avec des acteurs, qui, ils faut bien l'avouer sont quand même supers bons. Le léger souci étant les flash backs de leur école militaire, où j'avoue avoir eu un peu de mal à les différencier ( non franchement, là, c'était pas facile ). La bande son, notamment lors de la seule et très courte fusillade du film, bien que classique eest tout à fait émouvante...
Ce film tient en haleine, peut être pas autant qu'un The game, mais se permet des rebondissements qui laissent pantois, et j'aime beaucoup ce petit côté immoral que les américains ne reprendront pas.
Les deux opus suivant m'ont moins convaincu, sans doute parce que le premier épisode était particulièrement réussi. Parmi mes favoris =)
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