Intraçable – Meurtres en direct sur le web
Par bebealien le Jan 19, 2010 | Dans News, DVD | 2 retours »
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais au cinéma la représentation de l’informatique tombe soit dans le super ridicule à base de termes techniques qui, juxtaposés, ne veulent rien dire, soit dans la simplification à outrance faisant croire comme dans les Experts qu’on peut zoomer et « améliorer l’image » prise par n’importe quel appareil quasiment à volonté. Alors quand pour une fois on voit des acteurs sortir un vocabulaire technique correct quitte à noyer le spectateur béotien, et des ordinateurs qui ne permettent pas de programmer un truc génial en deux minutes en tapant n’importe comment sur le clavier, c’est rafraichissant. Et c’est le cas d’Intraçable.
Intraçable – Convenu mais regardable
Jennifer bosse au FBI dans une unité spécialisée dans la cybercriminalité. Elle tombe par hasard sur un site qui fait parler de lui. La personne qui le tient propose de suivre la mort en direct de personnes qu’il a capturées, selon un mode particulièrement vicieux. Plus il y a de monde qui vient voir le site plus la mise à mort est accélérée. Jennifer et son équipe décident donc de se mettre sur la traque de cet individu qui ose carrément s’en prendre à ses cibles en plein jour et nargue le FBI en semant ses cadavres.

Suite:
Intraçable est sorti en catimini l’été dernier, la faute à un pitch relativement simpliste de prime abord et qui n’est pas très parlant pour les spectateurs peu friands de la culture geek. Mais sous l’évidence, le réalisateur Gregory Hoblit (Le témoin du mal, Peur Primale, le méconnu et très sympathique Fréquence Interdite…) fait une charge en règle contre le voyeurisme et le sensationnalisme. Car le fait que les mécanismes mis en place par le tueur accélèrent la mise à mort en fonction du nombre de visite sur le site, ainsi que ses réelles motivations ruent clairement dans les brancards. Selon Hoblit, Internet qui peut être un excellent outil qui a parfois trop tendance à devenir un moyen de flatter nos plus bas instincts voyeuristes. Il suffit de regarder le nombre de site proposant des vidéos bien craspecs pour s’en rendre compte.

La charge pourrait être vue comme facile, à la limite de l’enfoncement de porte ouverte, mais contrairement à ce qui se fait à Hollywood, cette vérité n’est pas assénée de manière sentencieuse mais plutôt présente en permanence en sous-texte. Tant mieux, car il y en a un peu marre de ces leçons de morale à l’américaine qui font quand même bien pitié. Et puis un script intelligent se doit d’être capable de faire comprendre des idées sans tomber dans l’explication lourdingue et répétitive.

Au-delà de son sous texte intéressant et étonnant pour une si petite production, le film suit quand même une trame classique. L’originalité vient peut être des mises à mort, plutôt originales et qui font penser à ce que fait Jigsaw dans la saga Saw, l’aspect sadique gratuit en moins. Ici, elles sont juste conçues pour être visuelles pour les internautes, et non pas pour accumuler le plus de tripaille possible à l’écran. Un choix judicieux qui évite au film de sombrer dans le torture porn de bas étage comme on en a trop vu dernièrement.

Au casting, Diane Lane confirme définitivement qu’on ne lui a jamais laissé tout à fait la chance d’avoir une vraie carrière fructueuse, et c’est bien dommage. Et cadeau bonus, elle arrive à être crédible en informaticienne… Bref un petit film policier plutôt agréable à regarder et qui, je l’avoue, au vu des critiques ciné lors de sa sortie est une agréable surprise. Rien de transcendant dans l’absolu, mais il est toujours plaisant de voir un film un peu moins con que la moyenne… Et rien que pour çà Intraçable est regardable.
2 commentaires
Et sinon Colin Hanks il se débrouille comment ? Digne de son géniteur ?
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