Los bastardos – Lent et implacable
Par bebealien le Mar 11, 2010 | Dans News, DVD | 3 retours »
Ca ne se passe pas trop mal pour Bunker en ce moment, puisque le film sera projeté au festival Cas d’Rage le 10 avril puis à une soirée Disturb à la Cantada le 22. Comme quoi, même un petit film comme le mien arrive quand même à faire son petit bonhomme de chemin. Mais j’avoue que la concurrence est féroce. Et qu’en général les thématiques les plus éculées sont celles qui plaisent le plus au grand public. Pas facile de se faire une place et de se faire remarquer dans ses conditions. Espérons qu’Une Histoire de Famille me donnera plus de visibilité…
Los bastardos – Tout çà pour ca ?
Comme plein d’autres clandestins mexicains, Jesus et Fausto font la queue tous les matins à une station de bus en espérant décrocher un boulot payé au black. Le travail est souvent dur et mal rémunéré, mais au moins il permet de vivre. A condition d’en trouver. Ce matin Jesus est content car il a récupéré un boulot un peu différent et grassement payé. Il décide d’emmener Fausto avec lui, puisqu’il s’agit d’aller rendre visite à une femme suite à la demande de son ex mari…

Suite:
Dire de ce film qu’il est lent est un euphémisme. Je crois que je n’ai jamais vu de séquences aussi étirées dans le temps pour présenter des choses simples. Rien que l’intro où les deux principaux protagonistes marchent dans un canal doit durer trois minutes en plan fixe. Avec rien d’autre à l’écran que ces deux types qui marchent. Et tout est à l’avenant. Et c’est déstabilisant. Car le film repose entièrement sur ses cinq dernières minutes, sensées être cathartiques et contrebalancer la torpeur ambiante.

Alors certes, on comprend très bien les intentions du réalisateur, à savoir rendre compte d’à quel point la vie peut être morne et non trépidante, souvent à la lisière avec l’ennui. Et au passage prendre le contrepied du cinéma hollywoodien en montrant que la violence réelle est souvent aussi brève que sèche et inattendue. Ouaip. Sauf que çà, tout le monde le sait déjà. Et qu’on se demande si la démonstration n’est pas un peu vaine. Je suis donc embêté, parce que ca fait deux jours de suite qu’un film me laisse une impression mitigée, et que je suis vraiment partagé.

D’un côté, l’interprétation est bonne, mais en même temps avec aussi peu de dialogues, c’est un peu difficile à évaluer. En même temps, les non dits sont relativement éloquents. De même, la fin du film est plutôt bien faite, relativement réaliste mais semble presque « light » face à un spectateur habitué à regarder bien plus violent dans des séries B. Et paradoxalement, cette approche voulue comme réaliste ne marche pas tout à fait, car le spectateur aura du mal à s’identifier aux personnages, et donc à se laisser bercer. Sans compter le fait que le message qu’à voulu transmettre le réal est un peu parasité par une description très « film social » des conditions de travail de ses émigrés clandestins, cherchant presque à leur trouver une excuse.

L’exercice de style est donc intéressant, mais en même temps je ne peux que me demander ce qu’aurai donné le film si on l’avait amputé de toutes ces longues minutes en trop dans chaque scène. J’ai comme l’impression qu’on aurait eu l’équivalent d’un court métrage, mais que du coup la narration en aurait été totalement différente, faisant perdre une partie de l’histoire racontée quand même via ces séquences vides. Bref je suis partagé, comme souvent avec ces films qui prennent un parti pris fort et l’assument jusqu’au bout.
3 commentaires
Certes, ça plait pas à tout le monde, mais le but est là. Mais du moment que ça correspond à ce que le groupe/realisateur/artiste recherche, c'est gagné.
Grand respect à ces gens qui adoptent parfois une approche radicale, mais honnête.
Non, ça ne concerne pas les films français à la con sur l"'amour et la trentaine
C'est bien, l'approche radicale, mais ca ne marche pas à tous les coups. Et pour un excellent Bronson, combien de daubes à côté...
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