Mary et Max – Un film d’animation dépressif et beau à la fois
Par bebealien le Mar 3, 2010 | Dans News, Cinéma, DVD | 9 retours »
Ca avance doucement mais surement pour mon projet de court, donc je vais sûrement me fendre sous peu de la première newsletter pour les coproducteurs filant un coup de main. Aujourd’hui, je rattrape une fois de plus mon retard sur un film sorti il y a quelques mois, à savoir le petit bijou d’animation Mary & Max qui a ému dans les chaumières. Impressionnant en tout cas de constater à quel point des petites sculptures en pâte à modeler peuvent véhiculer autant d’émotion…
Mary et Max – Claymation épistolaire
Histoire d’une correspondance sur plus de vingt ans entre Mary, petite australienne se sentant bien seule avec une mère alcoolique, un père absent et des camarades qui se moquent d’elle, et Max, un juif new yorkais atteint du syndrome d’Asperger, l’empêchant de comprendre tout à fait les émotions humaines. Cette relation épistolaire va permettre à chacun de se sentir moins seul et de tenter d’épauler l’autre dans les moments difficiles, jusqu’à ce qu’un jour, vingt ans plus tard, ils décident enfin de se rencontrer…

Suite:
Oubliez les sujets classiques de l’animation. Pas d’animaux chanteurs, de valeurs américaines bien pensantes, d’inventions loufoques ou de robots géants. Mary and Max revient à une ancienne tradition, à savoir celle du roman épistolaire qui, pour ceux qui ne connaissent pas le terme, désigne les œuvres écrites en se reposant sur les lettres que s’envoient plusieurs personnages. Mary and Max est construit ainsi, suivant un personnage puis l’autre, alors qu’il lit la lettre qu’il vient de recevoir, puis rédige la sienne en racontant sa vie, ses espoirs et ses déboires.

Ce qui est plaisant chez Adam Eliott, c’est qu’il ne cherche pas à tomber dans les travers lacrymaux au rabais de la plupart des films d’animation. Pas de compassion posée sur de la musique larmoyante ou de recours à la facilité. Ses personnages sont bancals, mal foutus (l’un est obèse, l’autre moche avec une tache au milieu du front), relativement asociaux et évoluent dans un monde qui les dépasse totalement et face auquel ils se sentent inadaptés. Quand on sait que le personnage de Max est basé sur un correspondant avec qui Adam Eliott a entretenu des liens pendants vingt ans dans la vraie vie, on ne peut que se demander si ce film ne lui sert pas à faire son analyse…

Ce qui est également bluffant, c’est la mise en scène. Faisant fi des contraintes liées à son matériau, Eliott livre un film tout en douceur, ne cherchant ni à faire dans le pathos ni dans le misérabilisme, mais jouant plutôt sur la vague de La Vie est Belle ou Amélie Poulain, allant chercher le plaisir des petites choses et des petits riens du quotidien. Le tout avec une galerie de personnages particulièrement azimutés ou eux aussi en perte de repères. Bref un monde un peu fantasmé, certes, mais où les gens ne courent pas derrière la gloire et la grandeur, mais derrière la simplicité.

Mary & Max, sans pour autant pouvoir être qualifié de chef d’œuvre absolu, est définitivement un film à voir. Si comme vous commencez à être déçu par les Pixars (par exemple après une première partie brillante, Là Haut se révélait fort décevant…) le salut peut clairement venir de ce petit film qui, loin des grosses machineries hollywoodiennes prouve qu’on peut faire passer beaucoup de choses avec une relative économie de moyen. A voir, à revoir, et à mettre entre toutes les mains grâce à un discours qui ne prenne pas les enfants pour des idiots et sache parler aux adultes.
9 commentaires
même si certains passages sont drôles, le propos du film est assez grave et la fin super triste. Y a beaucoup de choses dans ce film, beaucoup d'émotions, mais peut-être too much pour un enfant à qui on veut montrer un truc pour divertir.
Personnellement j'ai été très touché par ce film. Et dans le même genre émouvant sans verser dans le larmoyant il y a le sublime, l'hallucinant documentaire sur Anvil, que je te recommande chaudement. (même si tu ne le regarderas pas parce que c'est un groupe de heavy metal dedans :DD)
Plus sérieusement, ce dernier point est plus une trame de fond. C'aurait très bien pu être un groupe de rock ou autre.
A voir absolument si tu ne l'as pas déjà fait
En ce qui concerne les gamins, je viens de relire Sa majesté des mouches, et je trouve qu'aujourd'hui on aseptise tout pour eux de manière débile. Alors que quand j'étais petit, on me racontait Barbe Bleue ou d'autres contes bien violents et on n'essayait pas de faire croire que l'enfance est un monde de bisounours...
Max souffre d'une tare souvent exploitée dans la fiction (le syndrome d'Asperger), mais c'est traité avec une délicatesse et une élégance extrêmes. Bien plus que dans le cas le plus célèbre de personnage souffrant d'Asperger - celui de Lisbeth Salander dans Millenium.
Après, je pense pas que les enfants soient la cible de ce film. Bien sûr, c'est de l'animation...mais pas de l'animation pour gosses.
Enfin, tout n'est pas aseptisé pour les mômes : Coraline, 9, et plus anciennement les Miyazaki, Burton...
C'est la disneyisation qui nous a fait croire qu'ils ne savaient parler que de prince et de princesses. On voit la génération d'attardés sociaux que ca nous donne...
C'est une perle, et il serait dommage de passer à côté, pour toutes les raisons que tu cites.
Je suis d'ailleurs étonné que tu n'aies pas été le voir lors de sa sortie en salle...
Tiens, au passage, une petite question: Comment tu choisis les films que tu critiques? Bouche à oreille? Au hasard des choix dans un vidéoclub/magasin?
Donc c'est selon l'humeur.
ce qui est bien également c'est qu'en effet ça change totalement des films d'anim blockbuster qu'on voit ces dernier temps ... disons une belle bouffée d'oxygene dans ce monde qu'est l'animation !
les couleurs sont toujours très sombres et l'animation elle meme est comic par le grossisement des traits parodique.
J'ai aussi souvenir que les voix narrative étaient superbement choisi (vo ... j'ignore pour la vf)
en tout cas ça collait :D
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