Rubber – Tellement arty que c’est franchement chiant
Par bebealien le Mar 18, 2011 | Dans News, Cinéma | 5 retours »
Les films comme Rubber me posent un problème. D’un côté, on sait qu’il a été tourné avec un budget extrêmement modeste et on ne peut nier les idées un peu folles et super originales que Quentin Dupieux a injectées dans son script. De l’autre, si la démarche est intéressante, l’intérêt véritable du film reste encore à démontrer. Je sens que cette critique va être particulièrement difficile à écrire, car je ne sais pas vraiment par quel angle attaquer, Rubber étant un réel OFNI échappant aux règles classiques propres à ce type d’exercice. Mais bon, j’ai déjà fait plus dur, en pondant des articles sur des navets absolument vides. Alors je me lance.
Rubber – L’originalité c’est bien, m’enfin ca fait pas tout
Robert, un pneu, s’éveille dans un désert californien, sous l’œil de spectateurs équipés de jumelle suivant le déroulement du film avec intérêt. Alors que Robert le pneu va se découvrir des pouvoirs télékinétiques lui permettant de faire exploser n’importe quel être vivant en se mettant à vibrer, les spectateurs sont la victime des acteurs qui en ont marre de cette intrigue sans queue ni tête. D’autant plus que Robert tombe amoureux d’une belle brune qu’il vient de croiser et tue ceux qui se mettent en travers de sa route. Et ce n’est pas les flics dépêchés sur place pour comprendre ce qui provoque cette vague de meurtres qui vont arranger les choses.

Suite:
Ca va être dur de ne pas paraphraser mon introduction dans le développement de mon article, car en effet Rubber est un film qui ne ressemble à aucun autre. Et ca commence dès la toute première scène tentant d’expliquer qu’il ne faut surtout, mais alors surtout pas chercher d’explication. Une voiture sur une rue déserte, juste emplie de chaises qu’elle tamponne une à une. Un flic en descend et cite toute une longue liste de classiques du cinéma en expliquant que dans chacun, il ne faut pas chercher à comprendre le pourquoi du comment sur un point très précis. Après tout pourquoi pas.

Le problème est que Rubber ressemble à un excellent concept de court métrage étiré sur tout un long d’1h25, générique compris. Mais si on vire l’intro un peu longue, le générique de fin ou un long travelling final de plusieurs minutes, on frôle l’heure, et encore… si on enlève les séquences centrées autour des spectateurs et qui, il faut bien le dire, n’ont pas vraiment d’intérêt, ca chute encore. Du coup on est en plein dans le syndrome du remplissage pour combler une idée mal développée. Je sais bien qu’en lisant cela, certains viendront m’expliquer que je n’ai strictement rien compris à la surpuissance du film. Mais voilà, Rubber aurai du être un court métrage, pas un long.

Alors, ok, y’a Roxanne Mesquida a poil, plein de têtes qui explosent, des idées un peu barges… mais ca finit par ressembler à un exercice d’originalité et de patchwork de choses différentes juste pour se donner un genre. Autant dire que l’intérêt reste très limité. D’autant plus que Dupieux donne l’impression de s’en foutre un peu et de prendre son projet comme un immense clip mêlé à un laboratoire qui lui permet de tester des trucs et des machins, sans vraiment se soucier de si ca peut plaire ou pas. En fait on y retrouve le défaut principal de bon nombre de films de genre : un film, avant d’être fait pour soi-même doit être fait pour un public, non ?

Vous l’aurez compris, j’ai été plus qu’hermétique à Rubber. Un peu comme pour Kaboom que je n’ai même pas eu le courage de chroniquer tant vous pouvez faire copier coller de cet article et le coller sur le film de Greg Araki. Ce qui me surprend par contre, c’est de voir qu’un certain nombre de critiques s’extasient dessus. Un mystère incompréhensible pour moi. Mais peut être certains auront-t-ils l’obligeance de bien vouloir nous expliquer le pourquoi du comment en commentaire. Car là, franchement, je n’arrive pas à comprendre ce qu’on peut trouver à Rubber (ou à Kaboom)…
5 commentaires
ce qui m'a plus dans les première 30 voir 50 minutes, c'est qu'on ne sait pas du tout ce qui va se passer les 3 minutes suivantes. (pour peu qu'on est pas matté la BA) On va de surprises en wtf.
l'ambiance du film, un peu flottante, a quelque chose d'agréable aussi. Mais ça peut vite devenir de l'ennui pour certains.
[Spoiler]
après, la fin aurait du se trouver quand le shérif dégomme le pneu à coup de pompe, comme ça, sans prévenir. Une fin aussi brutale et inattendu aurait été appréciable. Surtout après la longueur de la scène du van et du mannequin.
Je me suis reconnu dans ta dernière phrase, alors je prend mon petit clavier pour engager la discussion et tenter d'expliquer pourquoi Rubber et Kaboom sont regardables voir recommandables sous certaines conditions.
Alors, déjà je ne les mettrai pas forcément sur un pied d'égalité, mais essayons de pointer les similitudes :
- 2 films "étranges" voir carrément mauvais si on les juge selon des critères classiques
- 2 films qui pèchent par des longueurs et des wtf
- 2 films qui clairement ne peuvent pas plaire à tout le monde : c'est comme les nanards
Pour moi Rubber est clairement un film sur le cinéma et un film qui se complait dans les références. Ok c'est arty :) dans le sens où tout le film est une succession d'imitations. Et Quentin Dupieux n'est pas Quentin Tarantino, c'est pas de l'hommage super stylé et super chiadé. On peut trouver le résultat très chiant et inutile. Moi j'ai regardé ça d'un oeil amusé hier et j'ai encore 2 ou 3 belles images en tête.
Kaboom est différent dans le sens où le film m'a vraiment fait marrer et que j'en retire bien plus que Rubber. J'ai aimé les visuels, le côté too much et les personnages. Je me suis surtout marré pendant plus d'une heure après le visionnage ! Je vois le film comme une vaste blague, et elle m'a rudement bien fait marrer.
voilà, c'est pas forcément un cinéma facile à défendre ni un cinéma tout public. Mais j'adore ce genre de films et s'ils n'existaient pas, ça manquerait.
Maintenant ça ne me file pas non plus des boutons. Clair que le résultat n'est pas un chef d'oeuvre, mais c'est suffisamment taré pour satisfaire mon besoin de gras et d'humour décalé.
Et que penser d'un film comme Les clefs de bagnoles ? (oui: j'aime la polémique). Un bel exemple de film indéfendable, avec du remplissage et des gags pas drôle. Reste que cela n'avais pas été fait avant et que le film au final m'a marqué. J'ai même vraiment bien aimé et au final, un peu comme Rubber, j'excuse plus facilement ce genre de tentatives filmiques que d'autres bouzes.
Ok c'est comme le jazz : il m'a fallu 10 ans pour comprendre pourquoi j'aimais ça :)
Sinon m'sieur BébéAlien : c'est du velour ton blog, tu as rempli ma liste de films à voir et revoir pour les semaines à venir ! un grand merci à toi
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