Soleil Vert – Charlton Heston contre la malbouffe
Par bebealien le Mar 1, 2010 | Dans News, DVD, Film de Culte | 6 retours »
On commence comme tous les débuts de mois par la sortie du tout nouveau tout beau numéro de 42, ce formidable webzine totalement gratuit et farci aux poneyz dans lequel j’interviens en racontant n’importe quoi. Ce mois ci c’est une thématique robotique qui vous attend et pour une fois quasiment tout le monde est dans le sujet, ce qui est rare. Comme d’hab c’est gratuit, dense (82 pages), rempli de calembour qui feraient rougir Jean Roucas et fourré à la mauvaise foi. Ca se récupère ici.
Soleil Vert – De la SF à la papa un peu ridée mais sympathique
2022. Ayant épuisé les ressources naturelles de la terre, l’humanité s’est appauvrie. Des grands complexes ultra sécurisés pour les riches côtoient une population miséreuse et obligée de manger du soleil rouge, jaune ou vert, une nourriture synthétique composée à base de soja et peu ragoutante. En enquêtant sur l’assassinat d’un membre du conseil de l’entreprise fabriquant le soleil, un policier met à jour une vérité bien sombre, dévoilant jusqu’à quel point l’humanité est prête à aller pour faire du profit sur le dos des petites gens…

Suite:
Aujourd’hui, Soleil Vert fait partie des classiques du cinéma, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le voir. Et comme tout classique, sa fin, ou plutôt son twist sur lequel tout repose, est connu comme le loup blanc. Ce qui m’intéressait donc en regardant Soleil Vert était moins la résolution de l’intrigue, dont je connaissais la conclusion, que le chemin pour y parvenir et la description du monde qui était faite. Presque 40 ans après sa sortie, le film a quand même perdu de sa force, la faute à un léger manque d’ambition.

En effet, si le monde présenté est plutôt fouillé et intéressant, véhiculant quelques concepts amusants, comme les femmes vues comme du simple mobilier dans l’appartement des riches locataires, l’intrigue se repose un poil trop sur sa révélation finale et le cœur du film manque du coup un peu de rythme. Alors certes Soleil Vert date de 1973 et les codes du cinéma de l’époque n’ont plus grand-chose à voir avec le cinoche d’aujourd’hui, mais j’ai perçu néanmoins comme un certain manque d’ambition de Richard Fleischer qui ne propose pas une histoire tout à fait à la hauteur du monde dans laquelle elle existe.

Maintenant, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Soleil Vert est une réussite dans le sens où avec un budget relativement étriqué il arrivait à être relativement réaliste et crédible. Et paradoxalement, c’est lorsqu’il n’utilise pas d’effets spéciaux et qu’il se repose uniquement sur les situations et les dialogues qu’il est le plus efficace dans sa description d’une société corrompue. A contrario, lors des dernières minutes, et la description du rituel de fin de vie de l’ami du héros, les faux raccords et les incrustations foireuses piquent les yeux et font perdre de la force au propos.

Si aujourd’hui Charlton Heston est surtout connu des djeunz pour sa participation active dans le lobby des armes américain, il est de bon ton de rappeler qu’il a une filmographie exemplaire et que Soleil Vert fait partie de ces films qui ont su marquer une époque. Il avait d’ailleurs reçu le grand prix au festival d’Avoriaz à sa sortie. Il est trouvable facilement et à bas prix en DVD. Mais par rapport à d’autres films de la même époque, je trouve qu’il a pris un coup de vieux et du coup ne plaira clairement pas à tout le monde.
6 commentaires
Par contre, j'avoue avoir bien rigolé quand j'ai vu déboulé les camions anti-émeutes. :D
Sinon, bravo pour le blog et tes critiques !
En effet ce qui paraissait novateur à l'époque à quand même pris un coup dans l'aile aujourd'hui...
Même si, de mon point de vue, le thème du film est encore très actuel et pourrait, peut être, ne pas trop souffrir d'un petit lifting, si c'est bien réalisé.
Laisser un commentaire
| « Le Séminaire – Un bon concept sous exploité | Shutter Island – Et merde j’ai deviné la fin dès la bande-annonce… » |


