The Lady – Le meilleur Besson depuis 10 ans ?
Par bebealien le Avr 17, 2012 | Dans News, DVD | 1 réaction »
C’est vrai qu’il est devenu à la mode de cracher sur gros Luc. En même temps il l’a un peu cherché, en ne faisant pas de bon film depuis Le Cinquième Element (1997) et en en produisant d’autres, dont la finesse reste encore à démontrer. Autant dire qu’on n’attendait pas forcément grand-chose de The Lady, même si faire un film sur Aung San Suu Kyi lui ouvrait la porte pour revenir vers des sujets plus matures. Surprise, en faisant dans la sobriété et la retenue, et en castant l’actrice parfaite pour le rôle, il livre un très bon film, particulièrement intéressant.
The Lady – LE rôle de Michelle Yeoh
Fille de l’homme ayant négocié l’indépendance de la Birmanie, avant qu’il ne soit assassiné par des rivaux, Aung San Suu Kyi est forcément destinée à avoir un destin lié à son pays. Sur une trentaine d’années, portrait d’une femme et de sa relation avec son mari qu’elle a très peu vu. Comment une femme devenue un symbole intouchable par la junte militaire a su renoncer à sa famille et à l’amour pour servir un idéal plus élevé : sortir son pays et ses compatriotes de la misère. Quitte à risquer de tout perdre au passage.

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Tout le monde ou presque sait qui est Aung San Suu Kyi, à ne pas mélanger avec Anck-Su-Namun qui joue la momie dans le film avec Brendan Fraser. Ce qui est donc intéressant, c’est de voir sous quel axe, Besson a décidé de traiter le sujet. Etonnement, il choisit celui de l’histoire d’amour, à savoir du couple Aung Saan / Michael Aris, condamné à ne pas se voir pendant 15 ans… même lorsque monsieur est à l’article de la mort. Une histoire triste, mais réelle, croisée avec celle d’un pays où les généraux se retrouvent bloqués par cette petite femme.

En effet, impossible de la supprimer sans risque d’en faire un martyre. Seule solution : tenter de la faire partir pour ensuite l’empêcher de revenir. Ce qui l’amènera forcément à faire des choix très difficiles. Et pour l’incarner, Luc fait appel à Michelle Yeoh, grande actrice chinoise que beaucoup pensaient cantonnées à des rôles de distributrices de gnons. Michelle trouve clairement là le rôle de sa vie. Le genre de rôle à oscar, mais qui sera boudé par le cinéma français trop nombriliste et par l’américain. Dommage car sa prestation est vraiment bluffante.

Comme Besson décide de faire preuve d’une sobriété qu’on ne lui connaissait guère, il flirte parfois avec l’impossibilité de faire passer des émotions à ses spectateurs. Et même Eric Serra, lui aussi particulièrement discret alors qu’on le connait outrancier, se joint au mouvement. Bref, à tomber dans l’académisme, Luc en fait presque trop. Et c’est là qu’éclate d’autant plus le talent de Michelle Yeoh et de David Thewlis dans le rôle de son mari, car c’est vraiment eux qui font la réussite du film.

Pour quiconque connaît son histoire, le film n’apporte clairement rien de nouveau. Mais le choix de l’angle du couple pour traiter cette histoire, bien qu’un peu facile, permet au film d’avoir une certaine douceur et une certaine sensibilité qui font passer la pilule très facilement. The Lady n’est pas un grand film car il lui manque un souffle épique, quelque chose qui le fasse sortir de la norme. Il n’en demeure pas moins un exercice très réussi, et il devrait être capable de réconcilier Besson avec ses plus fervents détracteurs.
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