The Loved Ones – La reine de la fête macabre
Par bebealien le Mai 6, 2011 | Dans News, DVD | 1 réaction »
En ce moment, quand on n’a pas d’argent, le meilleur moyen pour faire un premier film est de taper dans le registre de l’horreur. Il faut dire que le litre de sang ne coute pas cher, et qu’on trouve toujours des acteurs motivés pour s’en badigeonner de partout tout en faisant semblant de s’étriper avec des armes en plastique. The Loves Ones est un nouveau signe de santé du cinéma australien qui enchaine petite perle sur petite perle avec une régularité métronomique en ce moment. Et un nouveau coup de semonce venant nous rappeler qu’en France on pourrait très bien faire de bons petits films d’horreur, si seulement on avait des producteurs qui les comprennent…
The Loved Ones – Un petit film d’horreur sympatoche
Brent est un beau gosse aux cheveux long qui plait aux filles du lycée. D’ailleurs il se tape régulièrement l’une d’entre elles dans sa voiture. Un soir, il décide d’éconduire Lola qui veut l’inviter au bal du lycée. Un acte qu’il pense sans conséquence. Erreur. Grave erreur. Car s’il y a bien une chose que Lola ne comprends pas, c’est qu’on lui refuse quelque chose. Elle décide donc d’enlever Brent avec son cher papa et de se faire une petite soirée à la maison où elle pourra briller comme reine du bal, que son cavalier soit d’accord ou non, et en utilisant la manière forte s’il est besoin de lui faire comprendre qu’il doit se plier à ses désirs…

Suite:
Dans le petit monde du film d’horreur, il devient de plus en plus difficile de trouver un sujet un tant soit peu original. A tel point que nombre de scripts se contentent de massacrer des adolescents débiles sans chercher le moins du monde à raconter quelque chose. Mais Sean Byrne connaît ses classiques et sait que la meilleure manière d’être efficace est de jouer avec les clichés pour mieux les détourner. Ce qu’il fait avec brio en présentant un ado fragilisé par la mort de son père dont il se sent responsable… pour en faire la victime d’une étrange famille avec une mère zombie, un père ridicule et une fille pourrie gâtée.

Sa grande force est en effet de montrer une famille apparemment quelconque de loosers et de savoir en un instant faire passer le spectateur d’un état amusé vu leur beauferie, à une position fortement mal à l’aise quand ils s’expriment par la violence quand ils sont contrariés. Un sentiment encore renforcé par un montage alterné montrant un camarade de Brent n’ayant pas conscience de ce que subit son ami et tentant de serrer avec toute l’ingratitude et la gaucherie de son âge une fille légèrement gothique sur les bords. Des séquences sans forcément de lien avec le cœur de l’intrigue, mais qui amènent des pauses bienvenues.

Toute proportion gardée car il n’a pas l’aura de son ancêtre, The Loved Ones fait un peu penser à Massacre A la Tronçonneuse, en présentant sa famille de dégénérés en essayant d’en faire des êtres humains avant d’en faire des psychopathes. On n’échappe pas non plus à la traditionnelle scène finale renversant la donne et permettant à la proie de devenir le prédateur et de se venger de manière cathartique de tout ce qu’il a subit. Mais voilà, malgré la trame « classique », cette approche mixant humour discret et caractérisation intelligente des personnages est efficace.

Vous l’aurez compris, sans révolutionner le genre, The Loved One est clairement une excellente petite surprise, ce genre de petits films sortis discrètement pour lequel je suis content d’avoir créé ce blog. Car s’il est facile de parler des gros blockbusters que tout le monde ira voir quoi qu’il arrive, rien ne vaut le plaisir de découvrir un de ces petits films. En même temps, je ne l’ai pas totalement découvert puisque plusieurs revues et sites spécialisés en avait déjà parlé de manière très positivie, mais voilà, je viens enfoncer le clou un peu plus.
1 commentaire
Par contre l'histoire parallèle avec la gothique m'a semblé sans grand intérêt.
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