The Prodigies – Imparfait mais réjouissant
Par bebealien le Jun 14, 2011 | Dans News, Cinéma | 5 retours »
Et si le film français le plus sympa et ambitieux de ces dernières années était un film d’animation ? Et s’il était adapté d’un roman ayant eu du succès auprès des ados il y a une vingtaine d’années ? Et s’il parlait de super pouvoirs, de passage à l’âge adulte ? Et bien Prodigies, c’est tout ca. Si vous avez lu l’excellent article du Mad Movies de ce mois-ci, vous aurez sûrement compris les difficultés avec lesquelles le projet a pu être terminé. Car des carences, The Prodigies en a plein. Mais à côté de ca, il déborde d’une énergie, d’une volonté de mise en scène chiadée et surtout d’une histoire qui décrit à merveille certains affres de l’adolescence, dont une certaine violence sous jacente…
The Prodigies – Enfin autre chose que des histoires de cul entre célibataires trentenaires
Jimbo, un gamin est envoyé en asile après qu’on l’a découvert à côté du corps de ses parents suicidés, car il s’attribue leur mort. Là, il rencontre un mystérieux homme nommé Kilian, lui disant qu’il sait qu’il possède un don et qu’il souhaite le prendre sous son aile. Vingt ans plus tard, Jimbo a grandi. Grâce à un test et l’appui de la fondation de Kilian, il arrive à détecter 5 ados aux facultés mentales surhumaines. Décidant de les rassembler, il les fait venir aux USA. Mais après une agression sauvage, les gamins décident d’échapper à tout contrôle et de se rendre justice eux même en se vengeant des adultes. Et il n’y a qu’un seul homme au monde pour pouvoir les arrêter : Jimbo…

Suite:
The Prodigies est un très bon dessin animé, et il ne s’en est pas fallu de beaucoup pour qu’il soit excellent. Mais voilà, il est imparfait techniquement. Quelques couleurs jurent, quelques textures sont franchement moches. Mais rien de grave. Ce qui est plus gênant, c’est qu’autant les personnages secondaires sont fouillés, autant Jimbo et les cinq prodiges auraient mérités d’être beaucoup plus caractérisés afin de gagner en profondeur. Et c’est cette simple lacune qui l’empêche de marquer définitivement les esprits. Car quand on en sort, Prodigies ne donne qu’une envie : celle d’acheter le bouquin La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lentéric afin de lire le texte original.

Mais à côté de ces lacunes, le film est impressionnant. Pour une fois, pas de tentative de photoréalisme à la Final Fantasy. Le parti pris graphique est super tranché mais superbement designé. La mise en scène profite de l’outil 3D pour mettre en image des plans hallucinants. Et ce, même lorsque la technique ne suit pas tout à fait. Enfin, la thématique centrale du film, à savoir le sentiment qu’ont parfois les adolescents d’être totalement incompris et d’avoir envie de se venger de la terre entière est rendue à merveille. On pourrait également citer une scène de baston finale par pantins interposée qui cogne grave, ou plein d’autre choses… Mais bon l’idée est de faire une critique, pas un panégyrique.

Ce qui est cool aussi, c’est que malgré son budget limité, la production value est élevée. J’ai parlé du character design, il est l’œuvre de Viktor Antonov qui a bossé sur Half Life 2, et de John Romita Junior que les lecteurs de comics connaissent forcément. On pourrait aussi citer la musique de Klaus Badelt qui cogne grave. Bref, contrairement à un film traditionnel où l’argent est englouti dans le salaire d’acteurs qui se croient indispensables, l’argent a été investi pour apparaître à l’écran. Et si l’on déplore qu’Antoine Charreyron n’ait pas pu disposer du budget d’un Pixar, on n’ose imaginer ce qu’il ferait avec.

Et surtout, en cette époque où on prend les ados et les gamins comme des attardés mentaux, en les abreuvant de films cons, de comédies musicales mièvres ou de musique et de culture prédigérée, il est plaisant de voir un film qui leur parle et parle d’eux avec intelligence et subtilité. The Prodigies est donc anti Hollywoodien tout en en prenant le meilleur. Et encore une fois, si comme moi vous arrivez à passer sur ses petites imperfections, vous allez passer un excellent moment en allant le voir.
5 commentaires
Parce que c'est exactement ce que je ressent avec ce projet. Je ne l'ai pas encore vu et je ne manquerai pas d'y aller mais dans ce que j'en ai vu et ce que tu en as dis, je ne vois rien d'approchant avec le livre si ce n'est le thème général. Du coup, je trouve qu'ils ont eu raison de ne pas utiliser le titre français puisqu'il l'ont complètement revu.
A part les personnages de Jimbo et Gil, dont les personnalités sont plutôt bonnes par rapport au livre, tout le reste relève de la ré-interprétation du sujet initial, sous une tout autre forme, ce que je trouve dommage étant donné le potentiel du livre... On ne peut donc (à mon avis) que se consoler en se rappelant l'espoir qu'apporte cette production au cinéma français, tout en espérant un jour une adaptation bien plus fidèle de ce roman tout simplement fabuleux!
Et bah mon avis est très bon x)
J'ai rarement l'occasion d'éprouver des sentiments en regardant un "dessin animé" (à part Là-Haut mais on est pas d'accord sur ce point mon cher :p) et là j'ai sérieusement eu une petite boule au ventre à la fin (que je ne vais pas spoiler bien entendu).film n'a pas pu (ou n'a pas été tout court) être fidèle au livre, mais c'est toujours le même soucis avec les adaptations, réussies ou pas, on ne peut jamais coller au matériau de base.
Graphiquement c'est très beau et on sent que ça permet au réal de pouvoir s'éclater.
Il serait ptet temps maintenant que les français se sortent les doigts du fessier et fassent des choses un peu plus testiculaires, comme tu dis, marre des trentenaires qui se roulent des galoches dans une brasserie de Paris pour ensuite se jeter des assiettes à la gueule parce que untel a couché avec la bonne ~~ On est capable de faire de la bonne SF, on est capable de faire des bons scénarios, on peut le faire.
Alors ma question : pourquoi on le fait pas ? La France reste dans cet écrin de bobotitude ou le film noir avec des flics sombres et dézingués... A part les films en costume (parce que ça, on sait faire, on sait même le réinventer (j'attends avec impatience que Monsieur Astier nous sorte sa fameuse trilogie d'ailleurs)), je suis certaine que la France peut damer le pion aux Ricains sur le terrain du film à effets spéciaux ou à grand spectacle.
D'ailleurs dès que je gagne à Euromillions, je te finance Exterminatus en long, na.
Si on est capable de faire Prodigies, pourquoi on a fait LOL ;_; ?
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