Vinyan – Splendide guide touristique mais film chiant
Par bebealien le Jul 16, 2009 | Dans News, DVD | 4 retours »
J’étais bien décidé à aller voir Bronson hier soir au cinéma, le nouveau film du réalisateur danois de l’excellente trilogie Pusher, mais suis finalement resté chez moi et j’en ai profité pour rattraper un peu de mon retard cinématographique avec ce film que j’avais voulu voir en salles mais que j’avais loupé. Et pas de surprise, si Du Welz montre qu’il est un réalisateur extrêmement plastique, son trip thaïlandais est un peu trop lourd et manque de matière…
Vinyan – Le seul bon rôle d’Emmanuelle Béart ?
Jeanne et Paul ont perdu leur enfant pendant le tsunami ayant ravagé les côtes asiatiques. Pourtant en regardant une cassette tournée en Birmanie, Jeanne croît reconnaître son fils dans un petit village. Elle convainc donc son époux de la suivre malgré son scepticisme, celui-ci se sentant obligé de ne pas couler le dernier espoir de sa femme. Mais au fond de la jungle birmane, les morts ne sont pas forcément vraiment morts…

Suite:
Etrange film que celui-ci. Alors qu’on attendait Du Welz dans un film dur et méchant comme dans Calvaire, il tente de nous embarquer dans un pur trip sensitif, avec au maximum trois pages et demi de dialogue. La démarche est autant ambitieuse qu’elle est casse-gueule, d’autant plus qu’un tel concept nécessite des bases scénaristiques fortes pour avancer. Hélas si le film arrive très bien à remplir son contrat « carte postale » il en est tout à fait autrement en termes de narration.

Ce n’est pas qu’on s’ennuie… mais franchement il ne se passe pas grand-chose et la fin est trop peu expliquée pour être compréhensible. Je n’ai jamais été fan des films ultras explicatifs, appuyant lourdement sur les choses pour êtres sûrs que tata martine à bien tout compris. Mais là on verse vraiment dans l’extrême inverse, et l’on finit par se demander franchement ce que Du Welz a voulu dire… Alors certes il y de nombreuses métaphores autour de la femme, avec cette eau omniprésente, le rapport aux enfants, cette sortie de grotte qu’on pourrait voir comme un accouchement… mais tout çà pour dire quoi ?

Le génie n’étant pas un don universel, j’ai bien peur que Du Welz ait été trop ambitieux et qu’il ne soit sévèrement pris les pieds dans le tapis. Et pourtant son film avait des bases franchement solides. A commencer par son casting étonnant mais efficace, avec Emmanuelle Béart et Rufus Sewell. Si le deuxième est toujours aussi bien que d’habitude, la surprise vient plutôt de la première, arrivant pour une fois à se départir de ses tics de jeu « à la française » pour camper de manière efficace cette mère perdant petit à petit tous ses repères. Filmée et magnifiée par un réalisateur qui paraît amoureux tellement il la met en valeur, elle trouve ici son meilleur rôle depuis des années…

Mais bon, casting, splendides paysages et mise en scène stylisée suffisent ils à faire un bon film ? Bonne question, dont la réponse dépend surtout de votre vision du cinéma. Certains trouvent que ce qui prime est la mise en scène ; je fais partie de ceux qui pensent comme Hitchcock : Un bon film c’est trois choses : un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario. Et Vinyan ne propose finalement qu’un pitch initial se perdant un peu trop dans des méandres métaphysico pouet pouet.
C’est dommage, car de par ses qualités techniques, le film aurait pu lorgner vers quelque chose de plus efficace sans perdre de sa force visuelle. Et on aurait en plus gagné une vraie histoire, avec un début, un milieu et une fin. Reste qu’en l’état Vinyan est un film intéressant par sa forme ultra travaillée, et donc parfaitement regardable, mais il risque de laisser le spectateur particulièrement circonspect. En tout cas, vivement le prochain film de Du Welz.
4 commentaires
Stephen Daldry est le "michael bay "des films dramatiques! beurk!
Au moins Bay,il assume ses choix et son mauvais goût tandis que Daldry est obscène de mauvaise fois et de sentimentalisme dans ce film. Mettre au même niveau l'illétrisme et la Shoah,c'est honteux!
Je préférais voir l'intégralité des films Uwe Bol plutôt que de revoir ce film.
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