W, l’improbable président – Itinéraire d’un enfant gâté
Par bebealien le Jan 5, 2010 | Dans News, DVD | 4 retours »
C’est chiant les opérations 10 DVDs à 5 ou 10€ l’unité dans les FNAC ou Virgin. A chaque fois, je passe devant en me disant que non, je ne craquerai pas, et à chaque fois je ressors du magasin dix minutes plus tard les bras chargés de films que je n’avais pas encore… Bref je me fais avoir systématiquement, mais en même temps ca me permet de combler un certain retard ou des lacunes sur des films qui m’intéressaient mais que je n’avais pas pu voir faute de disponibilité. Et c’est le cas du dernier bébé d’Oliver Stone qui a innové en faisant le premier film sur un président encore en exercice lors de sa sortie…
W, l’improbable président – L’homme qui n’aurait jamais du gouverner
Comment passe-t-on du statut de fils à papa, alcoolique notoire et looser fini, à celui du président de la plus grande puissance mondiale ? Oliver Stone dissèque sur quarante années le parcours d’un homme que rien ne destinait à prendre de telles responsabilités, si ce n’est son envie de plaire un jour à son père et de lui prouver qu’il était capable de faire aussi bien. Tranches de vie depuis son lycée jusqu’à l’embourbement des troupes américaines lors de la seconde guerre du golfe…

Suite:
Oliver Stone a toujours été un cinéaste politique. On lui doit d’ailleurs un excellent film sur JFK et un autre sur Nixon. Et même dans ses films les plus orientés popcorn, il y a toujours en sous-texte une critique de la société américaine et de ses débordements. Pas très étonnant du coup qu’il s’intéresse à un tel sujet. Sa démarche n’est pas de caricaturer l’homme de la maison blanche mais d’essayer d’apporter une réponse à une question tout simple : qu’est-ce-que cet homme fait là ? Comment ce fils à papa incompétent a-t-il pu arriver à avoir autant de pouvoir entre ses mains ?

Et Stone, pour répondre à la question, de développer une théorie sur la filiation et sur la difficulté de porter un nom illustre et de se faire son propre nom. Une théorie comme une autre, mais plutôt bien construite. Certains critiques ont reproché au film une certaine tiédeur, s’attendant sûrement à une charge en règle contre Bush. Mais Stone considérait que c’était tirer sur l’ambulance que d’avoir cette démarche. Il s’est plus intéressé sur l’homme derrière la figure politique que sur ses choix douteux et ses incohérences légendaires. Et contrairement à ce que beaucoup ont pu écrire ici ou là, je trouve que le portrait qu’il fait du texan est quand même chargé au vitriol.

Car Stone prouve que Bush Junior n’avait strictement rien pour lui, à part une bonne mémoire des noms et une certaine aisance relationnelle. Par contre, la puissance du nom de son père, quelques amis influents, des conseillers hors pair et un bon coupe de chance lui ont permis d’arriver au plus haut. Car W n’est pas mu par son désir personnel de prendre des responsabilités, mais par une sorte d’esprit revanchard, relativement inédit pour cette fonction. Et toutes les contradictions de ce personnage sont incarnées à merveille par un Josh Brolin qui est parfois hallucinant de mimétisme.

Stone n’a d’ailleurs pas hésité à reproduire l’équipe Bush avec des acteurs look-alike, tous excellents, que ce soit Thandy Newton en Rice, James Cromwell en Bush père, Jeffrey Wright en Powell, Toby Jones en Rove ou encore Scott Glen en Rumsfeld. Impossible de les citer tous, mais le casting est au poil et ne fait qu’appuyer la démonstration de Stone. Reste que paradoxalement, en s’attachant à ce qui fait un homme plutôt qu’à ses choix, je me demande si ce W, sous une étiquette de film politique, n’est finalement pas celui qui l’est le moins…
4 commentaires
En parlant de films "politiques", à quand une critique du dernier Michael Moore ?
Pour le dernier Moore, faut juste que je le vois pour pouvoir le critiquer :)
Dans ses films récents, je préfère quand même du même "L'enfer du dimanche" qui n'a rien à voir mais qui était bien sympa. Pour ses films sérieux, je ne sais pas s'il saura ou s'il pourra faire mieux que la version longue de JFK (je ne suis pas fan de sa période cocaine dans le pif même si je trouve "Tueurs nés" très rigolo).
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